L’ancien Ministre de l’éducation nationale, Kalidou Diallo apporte des éclaircissements sur le communiqué du conseil des ministres

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Le dernier communiqué du conseil des ministres a été mal compris ou diversement interprété par les lecteurs. Après la publication ce mercredi du communiqué, plusieurs interrogations ont été soulevées. Interpelé en tant qu’ancien Ministre de l’éducation nationale, Kalidou Diallo apporte des éclaircissements. 

Son profil d’enseignant, syndicaliste et ancien décideur dans le système éducatif l’a fait réagir pour élucider certaines questions.

Sur sa page Facebook, le Ministre précise : « chers amis, je vais essayer de réagir à un certain nombre de préoccupations et d’interrogations suite à la publication du communiqué du conseil des ministres du mercredi 29 avril 2020 ».

D’emblée, le Ministre indique que sur l’enseignement supérieur, il ne s’agit pas ici de tutelle mais de l’autonomie pédagogique des universités à travers leurs Académies que sont les facultés, les UFR et les instituts. Ce sont ces structures qui decident des questions relevant des questions pédagogiques et de la Recherche et de l’Innovation. Le gouvernement ne peut pas légalement décidé sur ces questions.


Le précédent grave de 1984 à l’université de Dakar


Historien et témoin de l’histoire, Kalidou Diallo rappelle : « sous la pression des étudiants, Jean Collin avait désavoué le ministre de tutelle et négocié directement avec le Comité de lutte des étudiants. Le gouvernement décida, sans consulter l’assemblée de l’université:
1- le droit au triplement et plus ( c’est à dire le redoublement plus de 2 fois ou la pratique du cartouchard = redoublement illimité est institué).
2- Au paravant, il fallait avoir une note de 12/20 au moins pour ne pas faire la session d’octobre mais avec cette nouvelle décision unilatérale du gouvernement, 10/20 suffit, enfin.
3- la note éliminatoire, moins de 5/20 était supprimée sauf en faculté de médecine et de fait, sans que cela soit écrit, la semaine de révision avant les examens partiels est institutionnalisée!
En application les texte, ministre de l’enseignement supérieur va laisser les universités décider à travers leurs structures Académiques appropriées de la date et des modalités de la reprise dans la fourchette décidée par le gouvernement ( il l’a précisé dans un entretien avant hier) ».


Organisation Pédagogique et modalités de reprise pour les classes d’examen à partir du 02 juin 2020


Le ministère de l’éducation va certainement dévoiler sa stratégie, car à ma connaissance, suite aux directives du Chef de l’Etat (Cf avant dernier conseil des ministres), des concertations ont dû se tenir avec l’ensemble des acteurs de l’éducation (G7, APE, société civile, etc) et en rapport avec tous les ministres du secteur de l’éducation. C’est sur cette base d’ailleurs que s’est fondée la décision du dernier conseil de ministres pour la reprise progressive des cours pour les candidats aux examens à partir du 02 juin prochain.


C’est évident que les années scolaire et universitaire seront réorganisées.
Pour les classes d’examens, avec la contrainte surtout pour le baccalauréat en rapport avec les délais d’inscription dans les universités étrangères, il est compréhensible de commencer par elles et leur donner un peu de temps pour bénéficier de l’espace pédagogique approprié et de l’apport des professeurs des autres niveaux.

Je m’explique: premières modalités, soit on divise les classes pour réduire les effectifs( gestes barrières et distanciation) et s’il y a suffisamment de professeurs de discipline dans un établissement, on peut essayer de les répartir dans les nouvelles classes réduites en utilisant les salles de classe prévues pour les classes préparatoires;

deuxième modalité, s’il n’y a pas assez de professeurs dans l’établissement , on peut diviser la classe en sous groupes et le professeur peut faite le double-flux ou venir plusieurs jours dans la semaine, son taux horaire étant 21h ou 25 par semaine.

Pour les classes de CM2, le problème du nombre d’instituteurs ne se pose pas au niveau des écoles de plus d’une classe.
Pour que cette stratégie soit rentable, il faut au moins 3 semaines à un mois avant l’arrivée de la grande masse des autres élèves des cours intermédiaires, en souhaitant que la pandémie soit plus ou moins maîtrisée entre temps.
L’arrivée des autres classes préparatoires devrait correspondre au retour à la normale.
Un nouveau décret de répartition de l’année scolaire (2019-2020) qui doit forcément déborder sur 2020-2021 sera certainement signé en concertation avec les syndicats concernant les vacances scolaires.


Pour l’enseignement supérieur, la contrainte des voyages d’études sera aussi pris en compte en principe.


Sécurité des élèves et des enseignants

Le fonds Force-Covid-19 doit renforcer les budgets des ministères chargés de l’éducation pour généraliser le port des masques fiables pour les élèves et les enseignants des classes d’examen, tester tous les enseignants et élèves venus des régions touchées ou habitant celles-ci. Par exemple, les trois régions non  encore contaminées  (Matam, Kaffrine et Kedougou) le reste durant le mois de juin et si le trafic inter régional reste fermé, seuls les enseignants venus d’autres régions où ils résidaient peuvent être testés. Le port du masque et les gestes barrières restent obligatoires pour tous: élèves, enseignants et administrations scolaires.

 


Kalidou Diallo

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