La surpopulation carcérale continue d’atteindre des niveaux alarmants au Sénégal. Lors d’un atelier consacré à l’évaluation du système disciplinaire dans dix établissements pénitentiaires, le directeur général de l’Administration pénitentiaire, l’inspecteur Aliou Ciss, a révélé que les prisons sénégalaises affichent un taux d’occupation de 272 %, tandis qu’un surveillant doit encadrer en moyenne neuf détenus, rapporte le journal « Le Temoin« , dans son édition du jour.
Le directeur général de l’Administration pénitentiaire, l’inspecteur Aliou Ciss, a tiré la sonnette d’alarme ce mardi 9 juin 2026 lors d’un atelier consacré à la présentation des évaluations du système disciplinaire dans dix prisons sénégalaises, réalisées par l’Observateur national des lieux de privation de liberté (ONLPL).
Selon lui, l’administration pénitentiaire fait face à une accumulation de difficultés qui fragilisent la gestion des établissements carcéraux et compliquent l’exercice du droit disciplinaire. « L’atelier intervient à un moment où l’administration pénitentiaire est confrontée à des défis liés à la surpopulation carcérale, avec un taux d’occupation de 272 %, à l’insuffisance du personnel spécialisé avec un ratio d’un surveillant pour neuf détenus, à la longue détention provisoire, à la lenteur dans le traitement des dossiers et à la prolifération de nouveaux moyens de communication numérique », a déclaré Aliou Ciss.
Le directeur général estime que ces contraintes favorisent l’apparition de comportements répréhensibles et pèsent sur le fonctionnement du système disciplinaire dans les prisons. « Ces défis peuvent favoriser des comportements répréhensibles et influer négativement sur les conditions d’exercice du droit disciplinaire en milieu carcéral. Cette situation nécessite un regard critique et une réflexion collective avec les acteurs judiciaires et pénitentiaires sur les conditions de sécurisation du système disciplinaire pénitentiaire ainsi que sur la consolidation progressive du droit et de la gouvernance disciplinaire », a‐t‐il ajouté.
Cette alerte intervient alors que plusieurs rapports récents soulignent la dégradation continue des conditions de détention au Sénégal. Dans une note publiée en janvier 2026, le quotidien Le Témoin rappelait que la capacité d’accueil des établissements pénitentiaires, déjà insuffisante, est soumise à une pression croissante sous l’effet de l’augmentation constante du nombre de détenus.
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S’appuyant sur un rapport de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), publié en janvier 2026, le journal décrivait un secteur souvent considéré comme le « parent pauvre » des politiques publiques.
Les statistiques de l’ANSD révèlent une progression continue de la population carcérale au cours des dernières an‐ nées. Celle‐ci est passée de 11 675 détenus en 2021 à 12 550 en 2022, avant d’atteindre 12 910 personnes en 2023 puis 13 685 détenus en 2024.
Cette évolution correspond à un taux d’accroissement annuel moyen de 4,1 % sur la période 2021‐2024, un rythme supérieur aux capacités d’extension du parc pénitentiaire national. En 2024, les 37 établissements pénitentiaires du pays, dont huit situés dans la région de Dakar, disposaient d’une capacité théorique de 9 768 places pour 13 685 détenus, soit un taux d’occupation national de 140 %.
Avec Le Temoin





















