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La Société civile interpelle le Président Diomaye Faye sur le calendrier électoral

Président Bassirou Diomaye Faye
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L’incertitude institutionnelle qui plane sur le pays préoccupe au plus haut niveau les acteurs de la Société civile. Aujourd’hui, il est quasi impossible au Sénégal de définir avec précision la fin des mandats des députés, des maires des collectivités territoriales, ou même la date des prochaines élections locales.

«Au moment où nous parlons, aucun maire ne connaît la fin de son mandat. Les députés ne le savent pas davantage. Les élections locales seront-elles reportées ou pas ? Seront-elles couplées avec les Législatives ? La Ceni, prévue pour être l’organe de gestion des élections, sera-t-elle mise en place avant ou après ces cartes ?

Autant d’interrogations, autant d’incertitudes qui, honnêtement, n’ont pas leur place dans une démocratie», a déclaré Moundiaye Cissé, président de l’Ong 3D.

S’exprimant lors d’un atelier organisé sur la réforme de l’Acte 4 de la décentralisation dans le cadre du programme Saxaal Jaam initié par le Consortium 3D/Gradec avec l’appui de l’Union européenne, M. Cissé a rappelé un principe fondamental : «Dans une démocratie, les règles du jeu électoral doivent être claires et lisibles.» Malheureusement, ce n’est pas le cas actuellement. «Aujourd’hui, seul le mandat présidentiel semble être verrouillé», a-t-il reconnu.

Un appel au consensus et à la transparence

Pour le président de l’Ong 3D, il est impératif d’initier des discussions afin de trouver un consensus fort sur ces questions électorales. «Si l’on doit reporter, discutons-en. Si l’on doit coupler, discutons-en. Doit-on attendre l’Acte 4 avant d’organiser les élections locales ?

Le problème est d’instaurer une concertation, car ces règles ne sont pas la propriété exclusive d’un seul camp. Il ne faut pas qu’un seul acteur détienne la date des élections. Cela crée une rupture d’égalité entre les candidats», a-t-il remarqué.

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Face à cette incertitude sans précédent et un horizon électoral très sombre pour les citoyens, Moundiaye Cissé appelle directement le président de la République, Son Excellence Bassirou Diomaye Faye, gardien du bon fonctionnement des institutions, à se prononcer publiquement pour fixer l’opinion sur la tenue ou non de ces consultations. L’objectif ultime de la Société civile reste d’obtenir une totale lisibilité du jeu électoral.

Impliquer les citoyens dans l’Acte 4 de la décentralisation

C’est d’ailleurs tout le sens de l’atelier organisé par le consortium 3D-Gradec. Cette rencontre visait à mettre les citoyens à niveau sur les évolutions du processus de finalisation de la charte, leur permettre de comprendre les tenants et aboutissants de cette réforme, et offrir un espace d’expression pour partager leurs préoccupations face aux décisions à venir.

D’après Moundiaye Cissé, cette initiative repose sur une conviction profonde : «Une réforme aussi importante que l’Acte 4 de la décentralisation ne peut pas être suscitée uniquement par les experts, les techniciens et les décideurs. Elle doit être comprise par les citoyens, car ce sont eux qui en ressentiront les conséquences dans leur vie quotidienne.» Et d’ajouter : «Les meilleures réformes sont toujours celles qui se construisent avec les citoyens, et non simplement pour les citoyens.»

Au terme de cette rencontre, les acteurs de la Société civile ont promis de produire un guide de recommandations citoyennes. Ce document sera versé au débat public comme contribution majeure à la consolidation de l’Acte 4 de la décentralisation.

Avec Le Quotidien