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La nouvelle position de Ousmane Sonko sur la dette Sénégalaise

Entretien de Ousmane Sonko avec Rfi et France24 - l'intégralité
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Interrogé par RFI lors de son entretien diffusé ce lundi, Ousmane Sonko a adopté une posture plus prudente et nuancée sur la question de la dette sénégalaise. Pourtant, en fin septembre 2024, il avait dénoncé l’existence d’une « dette cachée ».

À la question de nos confrères : « Est-ce que vous ne regrettez pas finalement cette dette cachée que vous avez découverte et de ne pas avoir demandé son annulation pure et simple, plutôt que d’entrer dans des négociations qui semblent s’enliser ? », Ousmane Sonko a répondu : « Nous avons choisi une option : celle de partir sur une bonne base et non pas de dissimuler des chiffres parce que ça nous aurait rattrapés, tôt ou tard, et nous serions peut-être dans une situation semblable à celle de certains pays, une situation ingérable. Nous avons vu le cas de la dette grecque il y a quelques années. Une fois que l’on a révélé les vrais chiffres, il faut gérer. La dette, ce sont des échéances. C’est un service qu’il faut gérer et qui n’attend pas. Et un pays qui se veut souverain doit rembourser ses dettes. Une dette, ça se refinance. En réalité, dans tous les pays du monde, la dette se refinance, elle se renouvelle. »

Mais lorsque RFI lui demande : « Vous auriez pu demander son annulation, comme pour une “dette odieuse” ? », Sonko réplique : « Dette odieuse : vous, vous utilisez le terme [une dette contractée sans le consentement de la population, qui n’a pas servi ses intérêts, et dont les créanciers connaissaient ou auraient dû connaître l’existence, NDLR – Rfi]. Je l’ai utilisé une ou deux fois. C’est toute une procédure. Je n’avais pas tous les leviers. Quand je parlais à certaines occasions, je m’exprimais en tant que chef de parti politique qui donne son opinion. N’oubliez pas que j’étais simple Premier ministre. Les pouvoirs du Premier ministre sont extrêmement limités dans ce pays. »

Poursuivant, il ajoute : « Une partie de cette dette, effectivement, est une dette odieuse parce qu’elle n’est même pas passée par l’approbation de l’Assemblée nationale. Donc, elle n’avait été approuvée ni par le peuple directement, ni par le peuple indirectement. Les procédures et les mécanismes n’ont pas été respectés et le peuple sénégalais doit aujourd’hui en supporter la charge. Cette dette est effectivement, pour partie, odieuse. Il faut du courage politique pour poser ce débat-là. J’ai eu à me prononcer sur cela à plusieurs reprises à travers mes interventions, en tant qu’homme politique. J’espère simplement que l’exécutif actuel prendra ses responsabilités pour aller dans ce sens et discuter, effectivement, de l’annulation d’une partie de la dette. »

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À la question de savoir : « Vous vous êtes toujours opposé à la restructuration de cette dette. Une équipe du Fonds monétaire international (FMI) est attendue à Dakar cette semaine. Si l’exécutif décide de restructurer la dette, que ferez-vous ? », Ousmane Sonko répond :

« Vous savez, nous ne sommes pas dans des positions figées, dans l’absolu. Nous examinons avec lucidité la situation. Le plus important, c’est que ce qui sera mis sur la table corresponde aux exigences du moment. Une restructuration sauvage, nous n’en avons pas voulu. Je m’y suis opposé durant tout le temps où j’ai été Premier ministre, considérant que les conditions n’étaient même pas réunies puisque le pays n’était pas en défaut et qu’il parvenait à respecter ses engagements. Nos indicateurs étaient relativement corrects, nos perspectives de croissance également. C’est là où on a besoin du FMI. Le FMI, on en a besoin quand on est dans ces situations-là. Et nous pensions qu’il y avait possibilité d’avoir un accord avec le FMI qui, apparemment, a d’autres préoccupations que celle d’encadrer et d’aider un pays qui est dans cette situation dont nous ne sommes pas responsables. Nous acceptons maintenant que l’État, c’est la continuité. »

Il poursuit : « Je considère aujourd’hui que nous pouvons apprécier au fur et à mesure les développements. Entre-temps, il y a eu la crise dans le Golfe qui est venue s’ajouter à la crise de la dette que nous connaissions déjà. En tant que Premier ministre sortant, je sais que nous vivons une tension assez particulière. Nous apprécierons. Comme je l’ai dit, dans l’absolu, nous ne sommes pas là pour faire de l’entrave. Mais si une solution devait être prise, qui ne va pas dans le sens de l’intérêt du Sénégal, qui sacrifie nos options de changement systémique et structurel sur l’autel des ratios à court terme, nous ne l’accepterons pas. Et ce qui relève du pouvoir de l’Assemblée nationale, nous l’utiliserons pour dire non. »