Une affaire de faux recrutements en ligne, aux méthodes jugées particulièrement préoccupantes, a été mise en lumière la semaine dernière après une plainte déposée auprès de la Division spéciale de cybersécurité (Dsc).
Selon les informations recueillies, un groupe d’individus est soupçonné d’avoir contacté plusieurs internautes par téléphone et via des plateformes professionnelles, en se faisant passer pour des recruteurs.
Leur mode opératoire consistait à proposer de prétendus entretiens d’embauche, tantôt en ligne, tantôt physiques, souvent dans des zones isolées, suscitant de sérieuses craintes quant à d’éventuelles tentatives d’escroquerie ou même de kidnapping. À l’origine de l’alerte, le sieur S. NG., responsable d’une plateforme d’aide à l’emploi dénommée « Trouver son emploi », explique avoir été contacté par des personnes se présentant comme des recruteurs d’une clinique appelée Lamp FALL.
Ces derniers lui auraient demandé de fournir des curriculums vitae de candidats, en vue d’entretiens. Deux candidates ont ainsi été proposées, avant que des rendez‐vous physiques ne soient programmés dans une zone jugée peu sécurisée et éloignée de la ville de Kaolack, éveillant les soupçons du plaignant.
Selon lui, après la découverte de la supercherie, les individus auraient modifié leur stratégie, privilégiant désormais des entretiens en ligne, accompagnés de manœuvres visant à soutirer de l’argent ou à attirer les victimes dans des situations potentiellement dangereuses. C’est dans ce contexte qu’une dénonciation a été faite auprès des services de police, aboutissant à la mise en place d’un stratagème ayant permis l’interpellation de Dame Fall à Kaolack.
Les investigations ont par ailleurs mis en évidence l’implication de plusieurs profils se présentant comme responsables de ressources humaines ou dirigeants d’entreprises fictives ou usurpées, utilisant notamment le réseau social professionnel LinkedIn et différents numéros de téléphone.
Plusieurs victimes présumées, dont des femmes à la re‐ cherche d’un emploi, ont rap‐ porté avoir été approchées par ces faux recruteurs, se voyant proposer des postes attractifs assortis d’avantages importants, avant que des demandes suspectes de documents personnels ne soient formulées.
Dans certains cas, les interlocuteurs exigeaient l’envoi de pièces sensibles telles que attestations de travail, certificats médicaux, permis de conduire ou certificats de domicile, renforçant les doutes sur leurs véritables intentions.
Face à ces incohérences, certaines victimes ont interrompu les échanges et signalé les faits. À ce stade de l’enquête, plus d’une dizaine de victimes ont déjà été recensées, pour un préjudice provisoire dépassant le million de francs Cfa. Ces estimations demeurent toutefois évolutives, les investigations en cours pouvant conduire à l’identification d’un nombre plus important de personnes lésées et à une réévaluation à la hausse du montant total du préjudice.
Cette affaire met en lumière une forme de cybercriminalité en pleine expansion, exploitant la vulnérabilité des demandeurs d’emploi et la crédibilité des plateformes numériques. Les autorités appellent à la plus grande vigilance face aux offres d’emploi trop attractives, aux recruteurs refusant de fournir des références vérifiables ou exigeant des documents personnels en amont de tout processus officiel.























