Journée Mondiale du Migrant 2020 – Émigration clandestine : STOP au génocide de la jeunesse africaine

Du 1er janvier au 15 Novembre, l’actualité migratoire de l’année 2020, a été largement dominée par cet afflux massif de migrants vers l’Espagne : une vague déferlante de 16.760 migrants arrivés dans 553 embarcations aux îles Canaries.

Plusieurs facteurs à la fois conjoncturels et structurels (conjugaison de la pauvreté et de la pression sociale et démographique) expliquent cette nouvelle donne, sans oublier nos pesanteurs socioculturelles.

L’intensité du désir de migrer vers les pays les plus riches, s’accompagne par un risque qui s’illustre par ces chiffres alarmants : entre 1988 et 2009, 15.000 personnes mortes en méditerranée, soit une moyenne 1.400 par année.
Entre 2014 et 2017, il y a eu 15.326 morts dont 71,11% en méditerranée centrale, c’est-à-dire l’axe Tripoli-Lampedusa sans compter les 1.319 morts enregistrés en 2019 ; 2.771 en 2018 et 3.139 rien que pour l’année 2017.
Cette situation alarmante qui doit inquiéter et interpeller l’opinion internationale sur la problématique de la gestion et de la gouvernance de la migration pour une remise en cause de cette gestion scandaleuse du triptyque (Immigration-Paix –Sécurité) mis en perspective par horizon sans frontières.
Cette nouvelle stratégie prend en compte les évolutions récentes de l’environnement et le contexte géopolitique mondial mettant en lumière les dangers multiformes qui menacent à la fois les États, les nations et les peuples.
Cette vision innovante pour une approche intégrée en matière de gouvernance globale, fait appel à l’éthique de conviction et responsabilité de part et d’autre pour de nouvelles perspectives de solutions.

Une responsabilité exclusivement africaine !

Les migrations, qu’elles soient forcées ou volontaires sont un véritable fait social total, une vraie « pathologie » en Afrique. « Le mal développement », l’incurie des pouvoirs publics et la mal gouvernance poussent bien des personnes à chercher ailleurs des conditions de vie qui leur ouvrent des perspectives qui chez elles leur semblent impossibles.

D’autre part les conflits armés continuent de pousser les populations victimes ou menacées sur les chemins des migrations car il faut le rappeler, toute l’Afrique est minée depuis plus de 40 ans par des crises qui ont fait plus de 4 millions de morts entre 1991 et 2000 et ont touché plus de 500 millions de personnes. Ces crises d’une grande complexité sont dues à un enchevêtrement de facteurs endogènes et exogènes qui n’échappent pas aux tensions géopolitiques et géoéconomiques mondiales. Ces migrations forcées touchent plus de 79.5 millions de personnes dont la moitié en Afrique.

Pourquoi parler d’une grande responsabilité africaine ?

Parce que les causes principales sont issues de la pauvreté d’une l’Afrique très riche en ressources naturelles mais qui paradoxalement n’offre aucune perspective d’une vie digne actuellement et dans un avenir lointain.
Chaque jour qui se lève se voit conduire les jeunes vers une mort lente et atroce. Ce qui, pour fuir cette pauvreté cyclique, ces jeunes africains préfèrent entrer même morts dans le « paradis » européen que de rester vivant dans l’enfer africain. Face à ces maux indexés et cités par les populations, nos gouvernants érigent en défense des réalisations qui sont loin de répondre aux urgences des populations, parlent de modernisation et même de création d’emploi aux chiffres dérisoires face à la demande. Rien qu’au Sénégal chaque année, selon les chiffres de la Banque mondiale,
Plus de 200 000 jeunes s’ajoutent à la liste des demandeurs dont on peine à satisfaire le 10ième. Alors qu’en est-il des autres pays du continent ?


Combien de milliards issus des pays partenaires ont été injectés en pure perte pour lutter contre l’émigration clandestine. Les États africains et leurs partenaires occidentaux doivent revoir la copie de leur stratégie. Malheureusement souvent en Afrique, les organisations de défense de migrants comme HSF sont souvent perçues à tort comme des opposants. Et Pourtant dans leur rôle, elles ne font que signaler les failles d’une politique ; d’une stratégie qu’on gagnerait à revoir. Car pour trouver des solutions il faut s’attaquer aux causes principales, il faut se livrer à une bataille farouche contre la pauvreté.





Boubacar Seye
Consultant et chercheur en migrations internationales
Président d’Horizon Sans Frontières

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