Ousmane Sonko a présidé, ce dimanche 7 décembre, la Journée des Martyrs et des Victimes, une cérémonie dédiée à la mémoire des Sénégalais touchés par les violences politiques survenues entre 2021 et 2024. En sa qualité de Premier ministre et président du Pastef, il a livré un discours centré sur l’apaisement, la cohésion et la nécessité de restaurer le dialogue interne.
Reconnaissant l’existence de tensions réelles au sein du parti, Sonko a affirmé sans ambiguïté : « Il y a réellement un différend, mais il ne doit pas nous diviser. » Selon lui, les incompréhensions et les récents heurts trouvent pour beaucoup leur origine dans un manque de concertation. Il a ainsi appelé les militants à renouer pleinement avec l’échange et l’écoute mutuelle : « Nous devons nous rassembler, discuter du pays, du parti, et entendre les ressentis de chacun. Ceux qui partagent une même destination doivent se concerter. »
Le leader du Pastef est également revenu sur la rencontre qu’il avait tenue un mois auparavant avec des victimes des événements de 2021-2024. Cette réunion avait conduit à l’instauration de la Journée des Martyrs, permettant à chaque composante du mouvement d’être représentée et entendue. Pour Sonko, cette démarche de vérité et de reconnaissance est indispensable pour apaiser les tensions : « On oublie souvent que ceux qui dirigent aujourd’hui ont été, eux aussi, des victimes. »
S’il admet que des frustrations existent, il a invité ses partisans à éviter les excès verbaux et les interprétations passionnelles : « On peut être déçu, mais il faut savoir raison garder. Ni exagérer dans l’éloge, ni déformer la réalité quand on est en désaccord. » À ses yeux, un différend n’est pas synonyme de rupture, mais plutôt une incitation à renforcer la communication et les bases de la confiance réciproque.
Dans une démarche supplémentaire d’apaisement, Sonko a rappelé le rôle déterminant joué par le président Bassirou Diomaye Faye durant les périodes difficiles : « Quand nous étions dans l’épreuve, sa position a été constante et déterminée. Ce n’est pas aujourd’hui que nous devons l’oublier. » Un message qui vise clairement à consolider la cohésion entre les deux hommes et leurs soutiens.
Sonko a réaffirmé la dimension collective de leur engagement politique : « Si j’avais pris une autre voie, vous auriez été les premiers à me rappeler à l’ordre. Nous avons fait beaucoup, et nous continuerons, mais sans donner l’impression que rien n’a été accompli. » Pour lui, l’avenir du mouvement dépend de la capacité de ses membres à dépasser les malentendus, reconnaître leurs erreurs et avancer ensemble.
Organisée à Dakar, la cérémonie a rassemblé des participants venus de toutes les régions du pays : familles endeuillées, blessés, anciens détenus et nombreux militants. Chacun est venu exprimer sa douleur, partager ses récits et réaffirmer sa quête de justice. Victimes et proches se sont succédé pour témoigner des pertes humaines, des blessures, des traumatismes et des injustices vécues durant cette période marquée par de violents affrontements entre manifestants et forces de sécurité.























