Investitures à BBY : Grogne au PS de Tanor Dieng et à l’AFP de Moustapha Niasse

Les investitures pour les élections législatives du 30 juillet s’annonçaient difficiles au sein de la coalition de la mouvance présidentielle. Elles se sont révélées douloureuses, après la publication des listes officielles par le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique.

Elles font en effet apparaître, à quelques mois de la prochaine présidentielle et à quelques jours seulement des futures élections législatives, de nettes lignes de fracture entre le parti présidentiel, l’Alliance pour la République (APR) et certains de ses alliés dont le Parti socialiste (PS) et l’Alliance des forces du progrès (AFP).

La formation de Moustapha Niasse rue déjà dans les brancards. Au lendemain de la publication officielle des listes, le Comité électoral national de l’AFP est aussitôt monté au front pour dénoncer la répartition des sièges. Il a convoqué une conférence de presse samedi dernier, à son siège sis à Sacré-Cœur à Dakar, pour dire tout le mal qu’il pense de la démarche de son allié. “Après examen de ces listes, le Comité électoral national de l’AFP relève et déplore la rupture de la chaîne de concertation, au moment de la phase finale.

Nous regrettons avec la plus grande fermeté le procédé utilisé, lors du dépôt des listes, avec une omerta organisée pour hypothéquer les intérêts d’un allié constant et crédible qui, dès le 10 mars 2014, a décidé, souverainement, de soutenir le Président Macky Sall si les données restaient en l’état”, fulminent les camarades de Moustapha Niasse dans une déclaration liminaire lue devant la presse. “Le Comité électoral national exprime sa désapprobation, sans équivoque, par rapport aux résultats de ces investitures qui ne répondent pas aux principes d’équité et de transparence.

Il condamne, avec la plus grande énergie, la décision inique qui a entouré cette procédure, qui s’est effectuée sans concertation, au moment du dépôt des listes”, chargent les progressistes. Selon eux, “il est difficilement compréhensible qu’un candidat, unanimement désigné par l’ensemble des composantes de BBY, comme par exemple à Malem Hodar en la personne du député sortant Cheikh Ndiaye, soit remplacé au dernier moment par un candidat d’un autre parti, décision qui n’a fait l’objet d’aucune consultation”. Ils déplorent ainsi bien d’autres cas qui, selon eux, ont été identifiés.

Ils estiment que “le Secrétaire général de l’AFP, le Président Moustapha Niasse, ne saurait se satisfaire d’un traitement dont il bénéficierait, si celui-ci n’est pas applicable à son parti, l’Alliance des Forces de Progrès”. En attendant d’y voir plus clair au sortir de ces investitures, Moustapha Niasse et ses camarades rappellent à leurs alliés de BBY et de l’APR que “rien ni personne ne peut faire perdre à l’AFP son identité”. “Sous l’éclairage des considérations contenues dans la présente déclaration, l’AFP réaffirme sa volonté de poursuivre les idéaux qui sont à l’origine de sa création et de son fonctionnement, au service du Sénégal, de la paix et de l’unité nationale.

Dans cet esprit, les principes intangibles de respect mutuel, entre partenaires, restent sacrés pour l’AFP”, fulminent-ils. Avant de menacer : “les instances compétentes poursuivront la réflexion engagée, à partir de ce jour, pour gérer cette situation avec la rigueur qui caractérise le parti, en toutes circonstances”. “Le PS est victime d’un coup tordu” Egalement, au PS, si les principaux caciques dudit parti figurent en bonne place sur la liste nationale et d’autres investis au niveau de certains départements du pays, il faut noter que la majeure partie d’entre eux sont laissés en rade.

A Saint Louis, par exemple, le feu couve entre “apéristes” et socialistes qui menacent de sortir de la coalition BBY, après la publication officielle des listes d’investiture. Dans la vieille ville, l’APR s’est taillé la part du lion devant ses alliés de BBY. Sur les 5 postes de députés impartis à la ville, les 4 ont été raflés par le parti présidentiel, selon le Secrétaire général communal du PS de ladite ville, Latyr Fall, par ailleurs adjoint au maire de la ville de Saint-Louis. “Ce qui s’est passé à Saint-Louis, lors de ces investitures, n’est rien d’autre qu’un coup tordu de nos alliés et dont le PS a été victime”, fulmine le responsable socialiste au cours d’un point de presse tenu ce week-end dans la vieille ville. “Aujourd’hui à Saint-Louis, poursuit-il, on peut parler de tout sauf de Benno car, sur les 5 postes disponibles dans le département, l’APR s’est accaparé les 4 et le seul poste restant est cédé à un ministre de la République.

C’est une aberration’. Latyr Fall précise d’ailleurs qu’en réunion de consultation des plénipotentiaires des partis au niveau local, il était pourtant retenu que le deuxième poste revienne automatiquement au PS après la désignation de Mansour Faye comme tête de liste de la coalition BBY. “En matière d’élection, le seul critère qui vaille est celui de la représentativité. Tout le monde sait qu’à Saint-Louis, c’est le PS qui vient après l’APR au niveau départemental et régional”, relève amèrement Latyr Fall. Qui avertit d’ores et déjà que les responsables socialistes de Saint-Louis s’abstiendront de battre campagne.

  • EnQuete

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