Le monde culturel sénégalais est en deuil. L’actrice Halima Gadji, figure emblématique de l’audiovisuel national et africain, est décédée ce lundi 26 janvier 2026 à Paris, à l’âge de 36 ans. Elle se trouvait dans la capitale française pour ce qu’elle qualifiait elle-même de « court séjour », sans savoir qu’il serait le dernier.
Révélée au grand public par son rôle marquant de Marième Dial dans la série à succès «Maîtresse d’un homme marié», produite par Marodi TV, Halima Gadji s’était imposée comme l’un des visages les plus puissants et les plus singuliers de la fiction sénégalaise. À travers ce personnage de femme libre, complexe et résolument moderne, elle avait bouleversé les codes de représentation féminine à l’écran, suscitant débats, admiration et réflexion au sein de la société.
Comédienne d’une rare intensité, Halima Gadji brillait par la justesse de son jeu, la profondeur de ses interprétations et un professionnalisme unanimement salué. Son talent ne se limitait pas à la télévision. Elle avait également marqué le théâtre et multiplié les expériences artistiques, contribuant activement à l’essor de la scène culturelle sénégalaise.
Au fil de sa carrière, elle a enchaîné les rôles marquants : Aïcha dans Seybi 2.0 diffusée sur TV1 Africa, Awa dans Sakho & Mangane de Jean Luc Herbulot disponible sur Netflix, Aby Konan dans Le futur est à nous réalisé par Samantha Biffot et Olivier Szulzynger, mais aussi des apparitions remarquées dans Tundu Wundu, Bété Bété (Evenprod) ou encore Bakary Taximan. Chaque rôle confirmait un peu plus sa capacité à incarner les espoirs, les luttes et les contradictions de la société contemporaine.
Selon les premières informations, l’actrice aurait succombé à un malaise. Les circonstances exactes de son décès n’ont pas encore été officiellement précisées par sa famille, laissant place à une vive émotion à travers le pays et au-delà. Cette disparition tragique survient après une douloureuse ironie de l’histoire : en avril 2023, Halima Gadji avait déjà été victime de fausses rumeurs annonçant sa mort, qu’elle avait alors démenties avec fermeté.
Depuis l’annonce de son décès, les hommages affluent. Acteurs, réalisateurs, responsables culturels et anonymes saluent la mémoire d’une artiste engagée, audacieuse et profondément humaine. Le Ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, au nom du Président de la République et du Gouvernement, a rendu un hommage solennel à celle qu’il qualifie de « figure majeure de l’audiovisuel sénégalais », présentant ses condoléances à sa famille, à ses proches et à l’ensemble de la communauté artistique.
Une phrase, écrite de son vivant, résonne aujourd’hui avec une force bouleversante :
« Si demain je pars, je te prie juste de faire deux rakkas pour moi et de me pardonner… »
Halima Gadji s’en va, mais son œuvre demeure. Par son audace, sa sincérité et son engagement artistique, elle laisse un héritage durable qui continuera d’inspirer toute une génération. Le rideau est tombé trop tôt sur une actrice d’exception, mais sa lumière, elle, ne s’éteindra pas.






















