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Gestion des finances publiques : Le Sénégal sera doté d’un nouveau mécanisme

A partir de janvier 2017, le Sénégal sera doté d’un nouveau mécanisme qui va régir la gestion de ses finances publiques. Une approche qui allie transparence et efficacité dans la mise en œuvre des politiques publiques.

Avec l’entrée en vigueur, dès le 1er janvier 2017, du nouveau cadre harmonisé des finances publiques de l’Uemoa, le Sénégal vise à améliorer l’efficacité de la dépense publique à travers la mise en place de budgets-programmes et l’amélioration de la qualité du service rendu aux usagers. La mise en œuvre de cette politique découle d’un amer constat : les Etats de l’espace Uemoa ont consacré beaucoup de financements aux programmes publics. Pour des résultats mitigés. «Il n’y avait pas d’obligations claires de rendre compte, en plus d’une absence d’engagement sur les résultats attendus. C’est là, tout le sens de la réforme», a justifié Cheikh Tidiane Diop, secrétaire général du ministère de l’Economie, des finances et du plan, hier, en marge d’un  atelier de partage sur les réformes du nouveau cadre harmonisé des finances publiques réunissant les secrétaires généraux des ministères et directeurs de cabinet.
Au-delà de la transparence, cette réforme vise également la déconcentration de l’ordonnancement budgétaire. «Le ministre de l’Economie, des finances et du plan  est l’ordonnateur principal et unique du budget jusqu’au moment où nous parlons. Mais à partir de janvier 2017, il devra partager ce pouvoir avec ses autres collègues ministres et les présidents d’institutions républicaines qui concourent à la réalisation des politiques publiques», explique M. Diop. En clair, le ministre des Finances ne sera ordonnateur que de son budget pour la partie dépenses, des comptes spéciaux du Trésor et des recettes de l’Etat. Cependant, ce nouveau dispositif implique un changement de paradigme qui va faire que la gestion des finances publiques va faire passer les Etats, d’une logique de moyens à une logique axée sur la performance et les résultats. Ainsi, le budget va être structuré en programmes. «Cela constitue une innovation majeure et forte avec une réingénierie des procédures et également une réorganisation, parce que cette réforme aura un impact sur l’organisation de l’Etat», souligne Cheikh Tidiane Diop.
Raison pour laquelle, le ministre délégué chargé du Budget préconise l’ «articulation» de la réforme avec l’ensemble des politiques publiques du plan Sénégal émergent. «Ces politiques doivent faire l’objet de programmes sectoriels qui doivent être budgétisés. Pour cela, le budget constitue aujourd’hui, avec cette loi organique relative aux lois de finances, un moteur important de l’Etat», soutient Birima Mangara. Ainsi, explique Cheikh Tidiane Diop, chaque franc de budget qui «sera alloué à un département ministériel sera adossé à un objectif de politique publique mesurable par des résultats qui feront l’objet de suivi devant les organes de contrôle comme la Cour des comptes, l’Inspection générale d’Etat mais également l’As­semblée nationale au moyen d’un rapport annuel de performance qui rend compte de l’exécution des moyens et des résultats».

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