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Fonds d’appui à la presse : Ibrahima Lissa Faye réitère son appel à la transparence dans la gestion du FADP

Ibrahima Lissa Faye - Journaliste, libre après son audition

Le journaliste Ibrahima Lissa Faye est libre à l’issue de son audition par les enquêteurs de la Sûreté urbaine de Dakar, dans le cadre de l’enquête portant sur le Fonds d’appui et de développement de la presse (FADP).

Coordonnateur de la Coordination des Associations de Presse (CAP) et président de l’Association des éditeurs et professionnels de la presse en ligne (APPEL), le directeur de publication du média en ligne PressAfrik a été entendu en qualité de témoin. Son audition, qui a duré environ trois heures, s’est achevée sans qu’aucune mesure ne soit prise à son encontre. Il a quitté les locaux des enquêteurs aux environs de 19 heures.

Cette audition s’inscrit dans une affaire née de la polémique autour de la répartition de l’aide publique à la presse. Ibrahima Lissa Faye avait été cité par Mame Makhtar Guèye, président de l’ONG Jamra, à la suite de propos tenus sur la RFM (radio privée).

Dans le même dossier, le directeur de la communication, Habibou Dia, a également été entendu par les enquêteurs, a informé Ibrahima Lissa Faye lors d’un entretien avec la presse.

« J’assume mes propos »

À sa sortie d’audition, Ibrahima Lissa Faye a réaffirmé devant ses confrères, sa position, indiquant que les échanges avec les enquêteurs ont essentiellement porté sur ses déclarations médiatiques relatives au FADP.

« Ce sont des questions responsables et globalement, les échanges ont tourné autour du fonds d’appui, parce qu’il s’agissait de vérifier les propos que j’ai tenus sur la RFM », a-t-il expliqué.

Le journaliste affirme avoir produit des documents pour étayer ses déclarations, tout comme les autres personnes entendues dans ce dossier.

« Je ne varie pas d’un iota de ce que j’ai dit. Ce que j’ai dit, je peux l’étayer. Ce n’est pas par l’intimidation ni par la convocation qu’on me fera taire », a-t-il martelé.

Face aux accusations de diffusion de fausses nouvelles, il rejette en bloc toute irrégularité dans ses propos.

« Je ne sais pas quelles sont les fausses nouvelles qui ont été diffusées. Documents à l’appui, j’ai démontré qu’il y a eu rupture d’égalité et que le ministère a usé du fonds comme bon lui semble », a-t-il soutenu.

Appel à la transparence dans la gestion du FADP

Ibrahima Lissa Faye plaide pour une plus grande transparence dans la gestion du Fonds d’appui et de développement de la presse, estimant que celui-ci doit bénéficier à l’ensemble des médias sans distinction.

« Il n’a qu’à publier la liste des bénéficiaires du fonds d’appui, que tout le monde sache ce qui s’est passé », a-t-il déclaré, dénonçant une gestion qu’il juge inéquitable.

Selon lui, le FADP, en tant qu’instrument public, doit être distribué de manière équitable à toutes les entreprises de presse, et non à une catégorie spécifique.

« Ce fonds est fait pour aider tous les médias. Pas seulement les médias de service public ou certains médias », a-t-il insisté.

Un dossier déclenché par une polémique médiatique

À l’origine de cette procédure, une intervention du journaliste sur les ondes de la RFM, au cours de laquelle il avait critiqué la répartition du FADP. Il avait notamment affirmé que la presse privée n’aurait reçu qu’une enveloppe de 500 millions de francs CFA.

Ces propos ont été repris et amplifiés par Mame Makhtar Guèye, dans une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, dénonçant une distribution jugée inéquitable de l’aide publique à la presse.

Entendu à son tour par les enquêteurs, le président de l’ONG Jamra fait également partie des acteurs clés de cette affaire qui continue de susciter de vives réactions dans le paysage médiatique sénégalais.

Disponible pour la suite de la procédure

Tout en réaffirmant sa sérénité, Ibrahima Lissa Faye s’est dit disposé à répondre à toute nouvelle convocation.

« Je reste à l’écoute des enquêteurs, du procureur, et je suis prêt à répondre à toute convocation », a-t-il conclu.