Abdou Karim Fofana, le ministre du Commerce et porte-parole du gouvernement, a annoncé mardi à Dakar que les pouvoirs publics ont décidé de lever le « blocus » à la cité Keur Gorgui, quartier où réside l’opposant Ousmane Sonko. Cette mesure a été prise en raison de l’absence d’appels à l’insurrection dans la région.
Lors d’une conférence de presse gouvernementale ce mardi, M. Fofana a souligné qu’il n’y avait actuellement aucun appel à l’insurrection ni de risque de trouble à l’ordre public dans le quartier cité Keur Gorgui. En revanche, il a rappelé qu’au mois de juin, il y avait eu de nombreux appels à manifester et à l’insurrection dans cette zone.
Le ministre a également précisé que des mesures préventives avaient été prises par l’État pour restreindre la circulation dans le quartier où se trouve le domicile du chef de l’opposition. Cependant, il a indiqué que la décision d’arrêter Ousmane Sonko, déjà condamné à deux ans de prison ferme le 1er juin dernier, relève de la compétence du Procureur de la République.
Ce dernier avait été déclaré coupable de « corruption de la jeunesse » pour des accusations de viol et de menaces de mort envers la demoiselle Adji Sarr. Ousmane Sonko avait refusé de comparaître devant la chambre criminelle du tribunal de grande instance de Dakar, prétendant n’avoir jamais reçu de convocation.
Suite à sa condamnation, des manifestations violentes avaient éclaté à Dakar et dans d’autres villes du pays, entraînant la mort de plusieurs personnes. Le nombre de victimes varie selon les sources, le ministère de l’Intérieur évoquant 16 morts, tandis qu’Amnesty International et l’opposition parlent de 23 à 30 morts.
Ces événements ont été marqués par des interdictions de rassemblements du parti politique d’Ousmane Sonko et de ses alliés, émises par le préfet de Dakar en raison des risques de trouble à l’ordre public. Cependant, avec la levée du blocus à la cité Keur Gorgui, les autorités estiment qu’il n’y a plus de motifs justifiant ces restrictions.























