Fièvre respiratoire : Le Covid 19, maladie de l’année

Cette fois, les médias n’auront eu aucun mal à déterminer l’Homme ou l’Evènement de l’année. La fièvre respiratoire à coronavirus, Sars CoV2, dite couramment Covid 19, s’est imposée d’elle-même. «Mal qui répand la terreur, mal que le ciel en sa fureur inventa pour punir les crimes de la Terre». Ceux qui ont quelques lettres, ont cette année, fait la relation avec ces mots de la fable de Jean de la Fontaine, sur «les animaux malades de la peste», pour tenter de comprendre la nouvelle pandémie qui continue d’endeuiller cette période du 21ème siècle. Le monde étant réellement devenu un village planétaire, la pandémie a favorisé l’expression de ce que l’humanité a de bon, tout en amplifiant, en un joli paradoxe, les faces négatives de l’être humain.
Le Covid-19 s’est répandu plus rapidement, et sur une étendue de terre plus importante qu’aucune autre calamité mondiale. Ni la maladie de la vache folle, ni la grille H5n1, ni même la fièvre Ebola n’avaient connu pareille fulgurance. Comme l’indiquait déjà La Fontaine, «ils ne mourraient pas tous, mais tous étaient frappés». Et ceux qui ont été affectés sur le pan social et économique, n’ont pas moins souffert que ceux qui étaient allongés sur les lits d’hôpitaux. Les Chinois, dont le calendrier avait fait de 2020 l’année du Rat, ne pouvaient trouver meilleure analogie avec le fabuliste français. Comme la peste au Moyen-âge, véhiculée par ce rongeur, le Covid 19, peste des temps modernes, a été tout aussi terrible dans sa déstructuration des sociétés humaines. Des entreprises ont mis la clef sous le paillasson, laissant de nombreux chefs de familles dans le désarroi. Et dans le même temps, des gros capitalistes ont trouvé le moyen de s’enrichir encore plus grâce à la pandémie. Même les moyens de lutte n’ont pu produire une adhésion totale, comme on l’a vu chez nous. Si au début, une bonne partie des Sénégalais s’était rangée du côté des pouvoirs publics dans leur stratégie de résilience, les fissures n’ont pas tardé à apparaître, et des voix discordantes ont accusé les autorités de toutes les intentions malveillantes. Les réseaux sociaux ont contribué à instiller encore plus profondément le virus du doute, de l’incrédulité et de la méfiance envers tout ce qui représente une parcelle d’autorité.
Il faut dire que certains régimes ne se sont pas non plus gênés pour essayer de s’imposer par le biais de la pandémie, pour s’octroyer encore plus de pouvoir, et rogner des espaces de libertés dont pouvaient jouir leurs citoyens. La presse en a payé un lourd tribut. Mais, comme dit plus haut, tout n’a pas été que négatif, et même, il est permis de croire que, sous une forme ou une autre, l’humanité sortira de cette épreuve encore plus forte et mieux aguerrie.
On peut déjà voir, dans les pays les moins avancés d’Afrique, auxquels tous les «pundits» de la science et de la connaissance prédisaient le pire au début de cette pandémie, comment, par la force de l’abnégation du personnel médical, les systèmes de santé ne se sont pas écroulés, continuant de soigner d’autres affections aux côtés de personnes touchées par le coronavirus. Et même l’actuelle hausse des cas enregistrée dans plusieurs de nos pays, n’est pas encore parvenue à déstabiliser des systèmes de santé qui ont appris à prendre ses marques dans les privations et le manque.
Dans le village planétaire, le sort des uns est lié à l’existence des autres. Comme pour toutes les autres crises qui affectent actuellement le monde, l’humanité a compris que nulle société ne pourrait s’en sortir seule en laissant les autres dans la mouise. Pour développer les vaccins capables d’éradiquer cette maladie, les laboratoires ont tenté d’associer le plus de pays du monde, de tous les continents, pour plus d’efficacité. Et les systèmes de distribution mis en place partout, tentent de veiller autant que faire se peut, à une répartition équilibrée.
C’est à l’image de la solidarité qui s’est développée jusqu’à des niveaux individuels, au fur et à mesure que s’étendait pandémie. Plus l’on interdisait aux hommes et aux femmes de se rassembler et de se toucher plus, ils ont cherché et trouvé les moyens de rester en contact par divers moyens. Les mêmes réseaux sociaux qui répandent des messages alarmistes, servent aussi à rassurer et consoler des personnes qui sans eux, seraient isolées. Des applications de vidéo conférence ont connu une progression fulgurante depuis quelques mois.
Est-ce à dire que le monde post-Covid sera totalement différent de celui que nous connaissons ? On ne verra certainement pas les Bisounours prendre le pouvoir nulle part. Mais, il est aussi certain que, contrairement à la fable, faire haro sur le Baudet ne débarrassera pas le monde de son mal. Le monde qui vient ne sera pas peuplé d’anges, et 2021 ne verra pas la fin de nos préoccupations actuelles. Mais au moins, une chose que beaucoup auront fini par comprendre, est que notre destin commun ne dépend que des efforts de chaque individu dans la société. Et que par conséquent, chacun a un rôle à jouer pour que 2021 soit une année moins lugubre. Et dans ce monde qui vient, l’écot des médias libres et bien informés ne sera pas moins utile.

 

   Avec Le Quotidien


  • Titre de la rédaction 

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.