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FESTIVAL DES BLUES DU FLEUVE : Podor en fête, l’État aux abonnés absents

Le Festival des Blues du Fleuve a retrouvé hier les rives inspirées de Podor, transformant la vieille cité en cœur battant de la culture sénégalaise et africaine. Sur les berges du fleuve Sénégal, ce trait d’union ancestral qui relie les peuples plus qu’il ne les sépare, Baaba Maal a rappelé l’esprit originel de cette initiative devenue incontournable.

À l’origine, dit-il, il s’agissait de célébrer la culture, de faire se rencontrer les peuples de la sous-région et surtout de réaffirmer Podor comme une ville carrefour où le métissage n’est pas un slogan mais une respiration. Vingt ans plus tard, le pari est largement gagné : ce rendez-vous dépasse désormais les frontières et attire, de l’Afrique de l’Ouest à l’Europe en passant par le Maghreb, des passionnés de musique, de culture et d’ambiances authentiques.

Mais dans ce tableau aux couleurs vives, un détail a assombri la fête : l’absence totale des autorités culturelles. Ni ministre de la Culture ni secrétaire d’État à l’horizon, à part une délégation venant de la direction du grand théâtre, comme si les Blues du Fleuve ne figuraient pas encore dans le radar institutionnel. Le préfet, nouvellement installé, venu en représentant d’un État, a tenté un sauvetage symbolique en évoquant un possible lien entre l’Agenda 2050 et le festival. Le maire de Podor, Mamadou Racine Sy, empêché, a confié la mission de le représenter à l’un de ses collaborateurs. Mamadou Haby Ly Président de la commission Coopération décentralisée et touristique.

Au nom de Racine Sy , il a remercié les populations de Podor pour leur élégance et générosité  pour l’accueil réservé aux hôtes. Un événement dit-il, qui a fini de donner un nouveau souffle à l’économie locale. Une présence discrète, mais qui rappelle l’implication continue de Baaba Maal dans l’animation culturelle de la ville. Une délégation du conseil municipal  venue de Yenne au nom du Maire a fait les éloges du leader de Dandé Léniol qui ne cesse de participer au développement de Yenne.

Baaba Maal, fidèle à son tempérament, n’a pas laissé la déception prendre le dessus. Contre mauvaise fortune, il a fait bon cœur et a transformé la scène en tribune d’espoir. Aux jeunes comme aux femmes, il a conseillé d’investir les champs vastes et encore trop peu explorés de l’entrepreneuriat.

Son projet NanK, qu’il porte avec conviction, illustre selon lui la voie à suivre : créer, innover, devenir acteur du changement plutôt que simple spectateur.

Le parrain de l’édition, l’Ivoirien Boutoumou Bathily, opérateur économique respecté, a renchéri dans le même sens, affirmant que Baaba Maal est pour lui une source d’inspiration. Un hommage qui montre combien l’artiste dépasse désormais son rôle de musicien pour devenir une figure morale, presque institutionnelle, dans le paysage culturel et social.

Aujourd’hui, alors que les Blues du Fleuve ont fait le tour de l’Afrique et imposé leur utilité culturelle, économique et sociale, une évidence s’impose : le festival mérite mieux que des applaudissements ponctuels. Il mérite une reconnaissance officielle, solide, durable.

Il appartient désormais aux autorités de l’inscrire en lettres d’or dans l’agenda culturel national, de lui accorder les moyens et la visibilité que commande son rayonnement.

À Podor comme ailleurs, le fleuve continue de couler, patient et indifférent.Festival les Blues du Fleuve à Podor

Abou KANE