Et si les journalistes boycottaient le reste de la campagne ?

Les professionnels de l’information ont été attaqués lundi en début de semaine à Tambacounda dans l’est du pays, alors qu’ils étaient dans l’exercice de leur métier. Journalisme, en voilà un métier des plus décriés au Sénégal ! Décrié par la population qui n’hésite pas à jeter un dédaigneux : « waxu journaliste la » pour dire, de manière civilisée, que le mensonge est consubstantiel au journalisme. Mais, aussi, par la classe politique qui l’encense quand ça l’arrange, et l’arrose d’essence pour l’enflammer dans la place publique, lorsque le journaliste dérange.

Etre journaliste au Sénégal, alors, revient à se retrouver dans une situation d’inconfort: entre le marteau et l’enclume, entre les flammes de l’opposition d’une part et la sanction de la population, d’autre part.

Lundi donc nous disions, le cortège des journalistes a été pris d’assaut au niveau de Tambacounda. Et, malgré cela, presse écrite, radio et télévision restent fidèles à leur sacerdoce. Ils continuent la collecte, le traitement et la diffusion de l’information. Tout ça, pour mettre la population au fait de l’actualité. Tout ça, pour permettre aux candidats d’atteindre l’électorat dont ils réclament la voix. Tout ça, disons-le, pour ces deux blocs qui ne leur vouent pas tout le respect nécessaire.

Alors, quelle attitude adopter ? Il faut le dire, la politique n’est pas le seul sujet digne d’être traité dans les medias. La Santé, la Culture, le Sport, l’Education… sont autant de domaines qui méritent le traitement des médias. Mais, le constat est que la politique cache de son ténébreux nuage tout le ciel médiatique. Cependant, s’il en est ainsi, c’est que les journalistes, eux-mêmes, se sont laissé phagocyter par les politiques. Ce serait alors une chose inouïe, un chamboulement sans précédent, si les journalistes se révoltaient (révolte ? N’est-ce pas une trop grande proposition ?) pour se dégager de leurs griffes plus qu’étouffantes.

Et, pour ce contexte précis de campagne. Puisque le respect et la considération ne sont pas le propre des hommes politiques et de la masse électorale que ces derniers courtisent : les journalistes pourraient les boycotter, ou, plutôt, boycotter le reste de cette campagne. L’impact sera double : population et politiques se rendront compte de l’importance du journaliste. Ils sauront que la communication entre ces deux mondes n’est possible que par l’entremise des relayeurs de l’information.

Telle est, semble-t-il, la campagne à mener par les journalistes dans la campagne des politiques !

 

♦ Moussa Seck – laviesenegalaise.com

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