Manager public, ancien ministre-conseiller, Chef du bureau économique près l’Ambassade du Sénégal en Afrique du Sud, M. Samba Alassane THIAM revient sur la candidature du Président Macky Sall au Secrétariat général des Nations Unies.
Entretien
Monsieur le Ministre, le programme du candidat Macky Sall pour le Secrétariat général de l’ONU prône une « refondation du multilatéralisme ». S’agit-il d’une rupture ou d’une évolution du système actuel ?
Il s’agit précisément d’une évolution stratégique. La vision du Président Macky Sall ne cherche pas à fragiliser les fondements de notre maison commune mais à consolider sa crédibilité opérationnelle. Dans le langage diplomatique, nous dirions qu’il propose de passer d’un multilatéralisme de constat à un multilatéralisme d’impact. Son programme est celui d’un bâtisseur qui souhaite adapter les Nations Unies aux réalités du XXIe siècle afin que l’institution ne soit plus seulement un lieu de délibération et de courtoisie mais le pivot de la régulation mondiale.
Un pilier central de sa candidature est la réforme de l’architecture financière internationale. Pourquoi placer l’économie au cœur d’une fonction essentiellement politique et diplomatique ?
Parce que la paix durable est tributaire d’une justice économique tangible. On ne peut garantir la sécurité collective si une partie du monde se sent structurellement exclue de la prospérité. En plaidant pour une réallocation des Droits de Tirage Spéciaux (DTS) et une transformation des banques multilatérales de développement, le Président Sall traite les causes profondes de l’instabilité. C’est une approche de diplomatie préventive : financer le développement aujourd’hui, c’est s’épargner de gérer des conflits et des crises migratoires demain.
On prête souvent à l’ONU une certaine lourdeur bureaucratique. Quelle est la méthode « Macky Sall » pour rendre l’organisation plus efficace ?
Sa méthode repose sur la culture du résultat et la subsidiarité. Pour le candidat, l’efficacité de l’ONU se mesure sur le terrain, pas dans les couloirs du siège. Il propose une modernisation de l’appareil administratif par le levier numérique et une meilleure coordination entre les agences. Son objectif est de rendre l’organisation plus agile, capable de projeter ses ressources là où le besoin est critique tout en renforçant les synergies avec les organisations régionales. C’est une gouvernance par indicateurs de performance mise au service de l’idéal universel.
Les menaces climatiques et technologiques redéfinissent la géopolitique. Comment compte-t-il porter ces enjeux sur la scène mondiale ?
Par une approche holistique de la sécurité. Le Président Sall considère que le climat, la cybersécurité et la sécurité alimentaire sont désormais des questions de paix et de sécurité internationales. Il prône un multilatéralisme qui anticipe plutôt qu’il ne subit. Sa vision consiste à doter l’ONU de capacités de veille technologique et scientifique pour en faire une « sentinelle mondiale ». Pour lui, la régulation des nouvelles technologies et la transition écologique doivent devenir des biens publics mondiaux, accessibles et équitables.
À l’approche des auditions devant l’Assemblée générale, comment peut-il rassurer les grandes puissances tout en incarnant les aspirations du Sud global ?
Son atout maître est sa posture de leader de l’équilibre. Le Président Macky Sall n’est pas l’homme des blocs mais l’homme du pont. Sa capacité de médiation, éprouvée dans les crises les plus complexes, est un gage de sérénité pour les membres permanents du Conseil de Sécurité. Il incarne un leadership qui rassure le Nord par son pragmatisme et sa connaissance des enjeux de puissance tout en portant avec force la légitimité du Sud. Il est ce médiateur humaniste capable de transformer la polarisation actuelle en un consensus constructif.
Quel message final porteriez-vous au nom de cette vision ?
Le monde traverse une crise de confiance. Le Président Macky Sall propose de restaurer cette confiance par l’action et le dialogue inclusif. Sa candidature n’est pas celle d’une ambition personnelle mais celle d’une exigence de résilience pour notre système international. Il est l’architecte capable de stabiliser l’édifice onusien tout en ouvrant de nouvelles fenêtres de solidarité pour les générations futures.

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