Le marché immobilier dakarois traverse une zone de fortes turbulences. Longtemps marqué par une flambée continue des loyers, il connaît aujourd’hui un retournement brutal qui met en difficulté de nombreux bailleurs. Dans plusieurs quartiers de la capitale, les propriétaires peinent désormais à trouver preneur, au point de consentir à des baisses importantes de loyers pour attirer de nouveaux occupants.
Dans plusieurs agences immobilières, les montants affichés ont chuté de plusieurs dizaines, voire de centaines de milliers de francs CFA, selon le journal l’Observateur. Des appartements autrefois loués sans difficulté restent vacants pendant des mois. Une situation inédite dans un marché longtemps considéré comme l’un des plus dynamiques et spéculatifs du pays.
Pour Babacar Gaye, économiste, ce retournement n’a rien de surprenant. « Le marché est devenu élitiste, puis il s’est retrouvé sans élite », analyse-t-il. En effet, les loyers ont atteint des niveaux déconnectés des revenus réels des ménages, excluant progressivement une grande partie de la demande solvable.
Conséquence directe : les habitudes résidentielles évoluent à la baisse. Des ménages qui occupaient des appartements cherchent désormais des studios. Ceux qui vivaient dans des studios se replient vers des chambres simples, voire des logements partagés. Le logement devient ainsi la principale variable d’ajustement face à la hausse généralisée du coût de la vie, indique toujours l’Obs.
Inflation, cherté des denrées alimentaires, transport coûteux : dans ce contexte économique tendu, de nombreux ménages n’ont d’autre choix que de réduire leurs dépenses liées à l’habitat. Cette contraction de la demande fragilise les bailleurs, notamment ceux qui ont investi à crédit ou comptaient sur les loyers élevés pour rentabiliser leurs biens.
L’enquête de L’Observateur révèle ainsi un marché immobilier en perte de repères, pris en étau entre une offre abondante mais chère et une demande de plus en plus contrainte. À Dakar, la crise du logement ne frappe plus seulement les locataires. Elle est désormais un véritable casse-tête pour les propriétaires.






















