ÉLECTIONS LOCALES A MATAM : Me Malick Sall au cœur des polémiques

Les élections locales ne seront pas de tout repos pour la majorité présidentielle dans la commune de Ogo, département de Matam. La reconduction du maire sortant, Amadou Kane Diallo, comme porte-étendard de BBY, n’est que faiblement appréciée par les responsables locaux, notamment ceux du Rewmi qui considèrent même la non-candidature de Me Malick Sall comme un gros handicap pour BBY.

Tous les ministres ressortissants de la région de Matam sont candidats aux prochaines consultations électorales, à l’exception de Me Malick Sall, Ministre de la Justice, digne fils de la commune de Ogo. Abdou Karim Sall, Ministre de l’Environnement, ressortissant de la commune d’Orkadiéré, est candidat du Benno à Mbao, dans la banlieue dakaroise ; Zahra Iyane Thiam, originaire de Taiba, dans la commune de Nabadji Civol, est aussi candidate à la Sicap, dans la capitale sénégalaise ; le troisième est le ministre de l’Education nationale, Mamadou Talla, natif de la commune de Sinthiou Bamambé où il est le candidat de la majorité présidentielle. Ainsi, le garde des Sceaux est le seul membre de l’actuel gouvernement, originaire de la 11e région, à renoncer au titre de maire. Un choix qui, bien que dicté par le président de la coalition BBY, Macky Sall, est incompréhensible pour beaucoup de responsables locaux qui sont sous sa coupole. Le Rewmi, parti allié du pouvoir, ne digère pas l’option du ministre de la Justice de se rétracter. “La non-candidature de Me Malick Sall est absolument un grand handicap pour la coalition BBY dans la commune de Ogo. J’ignore ce qui a motivé le président de la coalition BBY à demander à Me Malick Sall de retirer sa candidature, mais cela a créé un grand désordre dans le camp du pouvoir. Parce que tout le monde, ici, sait que le maire n’a pas répondu aux aspirations des populations, et le seul candidat qui pouvait rassembler tout le monde autour de sa personne, c’était le ministre Me Malick Sall. Parce qu’il avait réussi à gagner la confiance de l’ambassadeur Abou Lo, d’Abou Diallo Balel même, aujourd’hui candidat, de Mamadou Abdoulaye Ndiaye de Sinthiou Garba, le directeur des Routes Mouhamadou Alassane Camara et nous de Rewmi. Nous étions tous en accord pour soutenir la candidature de Me Malick Sall, au regard de ce qu’il a fait de positif sur tous les plans, depuis son entrée en politique’’, martèle Ibrahima Alassane Guissé, le responsable “rewmiste’’ communal.

Me Malick Sall, le pendant de Farba Ngom
Et pourtant, beaucoup d’observateurs avaient annoncé la candidature de Me Malick Sall dans la commune de Ogo comme inéluctable. Le ministre natif du village de Danthiady est un responsable de l’APR qui a gravi les échelons comme un éclair, au point qu’il est présenté comme le pendant du tout-puissant député-maire de Agnam Civol, Farba Ngom. En moins de cinq ans, Me Malick Sall est passé du statut de simple responsable politique local à celui de mastodonte, proche collaborateur du président de la République. Son immense fortune a été d’un atout remarquable dans sa nouvelle envergure. En effet, l’avocat d’affaires dégainait facilement pour convaincre là où les mots étaient inopérants. Des voitures 4×4 sont offertes à la pelle à ses lieutenants, ce qui grossissait davantage le nombre de ses sympathisants dans le département de Matam. Aujourd’hui, il y a une vraie bataille entre Farba Ngom et Me Malick Sall pour le leadership du département de Matam, voire de la région. Voilà ce qui rendait la candidature du garde des Sceaux inévitable, selon des observateurs. “Me Malick avait besoin du titre de maire de Ogo pour asseoir son leadership dans le département. Aujourd’hui, tous les responsables politiques de la région le reconnaissent. Il a, sous son aile, un parterre de responsables. Logiquement, il lui faut le titre de maire pour plus de légitimité, car il peut bien perdre son portefeuille ministériel, à tout moment et il pourrait se retrouver avec les mains vides’’, analyse un responsable politique à Thilogne.

Le maire a trahi en ne choisissant que deux conseillers dans le camp de Me Sall
Me Malick Sall resté à quai, c’est le maire sortant, Amadou Kane Diallo, qui semble a priori avoir un boulevard devant lui. Mais les choses pourraient être plus compliquées qu’elles en ont l’air. En effet, les militants et les alliés du ministre de la Justice se disent trahis par leur édile, lors de la confection de la liste de BBY. Seuls deux lieutenants de Me Sall figureraient sur la liste déposée par le candidat de la majorité présidentielle. “Amadou Kane Diallo nous a trahis. Il était convenu que 40 sièges des conseillers allaient revenir aux militants et alliés de Me Malick Sall. Aussi, les trois premiers adjoints seraient des militants de son camp. Sur une liste de soixantaine-six conseillers, donner seulement deux places à Maitre est inconcevable. La plupart de ceux qui sont avec Me Sall sont reversés sur la liste des suppléants. En fin de compte, tout ce beau monde autour du garde des Sceaux ne votera pas pour l’actuel maire. Sa défaite sera cuisante’’, prédit le responsable départemental des jeunes de Rewmi à Matam.

A Ogo, chef-lieu communal, on y trouve l’ex-directeur des Constructions des palais de Justice, Amadou Abdoulaye Diop, et son successeur Aboubacry Sokomo. Maitre Malick Sall avait limogé le premier, natif de Ogo, pour le remplacer par un autre du même village. Un choix qui aurait créé une scission entre les deux amis. Aboubacry Sokomo, réhabilité et repositionné, cherche clairement à s’imposer comme le leader attitré de l’APR dans le village de Ogo. Le maire sortant est originaire de Thianconne, Me Malick Sall étant de Danthiady, le directeur des Constructions des palais de Justice, natif du village, veut y être le seul ’’roi’’. Mais pour l’heure, il se doit de se tenir à carreau, puisqu’il ne veut et ne peut pas être plus royaliste que le roi.

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Source EnQuête
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