Discours de Macky Sall à l’Onu – Le Chef de l’Etat porte la voix d’une Afrique des solutions

Dans un monde divisé par les crises, les dirigeants de la planète ont commencé à se succéder mardi à la tribune de l’Assemblée générale de l’ONU, éprouvée par des divisions profondes. Guerre en Ukraine, crise climatique, insécurité alimentaire…

Macky Sall président du Sénégal et président en exercice de l’Union africaine, s’est exprimé à la tribune de l’ONU à New York. Quelque 150 chefs d’État et de gouvernement du monde entier ont commencé à prendre la parole mardi 20 septembre à la tribune de l’Assemblée générale de l’ONU, grand-messe diplomatique annuelle qui reprend en présentiel après deux années perturbées par le Covid-19.

Macky Sall a encore porté la voix d’une « Afrique des solutions », une Afrique qui souhaite engager avec tous ses partenaires des rapports réinventés. Dans son speech, le président Sall s’est érigé en avocat du continent africain. Il déclare : « au-delà des urgences conjoncturelles, je suis venu porter le message d’un continent déterminé à travailler avec tous ses partenaires, dans une éthique relationnelle de dialogue confiant et de respect réciproque. Je suis venu dire que l’Afrique a assez subi le fardeau de l’histoire ; qu’elle ne veut pas être le foyer d’une nouvelle guerre froide, mais plutôt un pôle de stabilité et d’opportunités ouvert à tous ses partenaires, sur une base mutuellement bénéfique. Je suis venu dire que nous n’ignorons pas l’Afrique des problèmes, qu’il faut pacifier et stabiliser. Mais je suis également venu dire que nous avons aussi l’Afrique des solutions, avec ses 30 millions de km2, ses ressources humaines, plus de 60% des terres arables du monde, ses richesses minières, forestières, hydriques et énergétiques.

Oui, nous avons l’Afrique des solutions, avec des gouvernements à la tâche ; une jeunesse vibrante et créative qui innove, entreprend et réussit ; des millions d’hommes et de femmes qui travaillent dur pour nourrir, éduquer et soigner leurs familles ; qui investissent, créent de la richesse et génèrent des emplois ».

Devant une centaine de chefs d’Etat du monde à l’Assemblée Générale des Nations-Unies, Macky Sall a fait comprendre que « cette Afrique des solutions souhaite engager avec tous ses partenaires des rapports réinventés, qui transcendent le préjugé selon lequel qui n’est pas avec moi, est contre moi. Nous voulons un multilatéralisme ouvert et respectueux de nos différences ; parce que le système des Nations-Unies, né sur les cendres de la guerre, ne peut emporter l’adhésion de tous que sur la base d’idéaux partagés, et non de valeurs locales érigées en normes universelles ».

Pour lui, c’est en collaborant dans le respect de nos différences que nous redonnerons force et vitalité à la raison d’être des Nations Unies : c’est-à-dire préserver les générations actuelles et futures du fléau de la guerre, promouvoir la cohabitation pacifique des peuples et favoriser le progrès en instaurant de meilleures conditions de vie pour tous.


Traditionnellement, cette première journée fait la part belle au discours du président américain qui, en tant que dirigeant du pays hôte du siège des Nations unies, s’exprime dans les premiers. Mais exceptionnellement – comme à de très rares occasions par le passé –, ce ne sera pas le cas : Joe Biden, qui était aux funérailles de la reine Elizabeth II, a décalé son intervention à mercredi.

Lors de son discours d’ouverture, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a mis en garde contre le risque « d’un hiver de grogne mondiale » en raison des multiples crises qui frappent l’humanité.

« La crise du pouvoir d’achat se déchaîne, la confiance s’effrite, les inégalités explosent, notre planète brûle », et malgré tout « nous sommes bloqués par un dysfonctionnement mondial colossal », a déclaré Antonio Guterres qui a plaidé pour une taxe sur les profits des énergies fossiles.

Volodymyr Zelensky en vidéo
L’invasion de l’Ukraine par la Russie sera au cœur de cette semaine diplomatique de haut niveau, avec une intervention, mercredi, du président ukrainien, Volodymyr Zelensky – par vidéo grâce à une autorisation spéciale votée la semaine dernière par les États membres – et un Conseil de sécurité jeudi au niveau des ministres des Affaires étrangères.

Mais les pays du Sud s’agacent de plus en plus que les Occidentaux focalisent leur attention sur l’Ukraine. « Nous ne voulons pas seulement parler de mettre un terme au conflit en Ukraine. Nous voulons que les conflits prennent fin au Tigré, nous voulons que les conflits prennent fin en Syrie, nous voulons que les conflits prennent fin où qu’ils pointent leur nez dans le monde », a ainsi martelé la Première ministre de la Barbade, Mia Mottley, lors d’une journée préliminaire axée sur l’éducation et les objectifs de développement.

Pour tenter de répondre aux inquiétudes de certains pays, Américains et Européens organisent, mardi, une réunion de haut niveau sur la sécurité alimentaire, conséquence de cette guerre dont souffre toute la planète.

Et le président français, Emmanuel Macron, qui doit être à la tribune mardi en milieu de journée, va insister sur la nécessité de prévenir la « fracturation » entre pays du Nord et du Sud, indique-t-on à l’Élysée, précisant que le chef de l’État organisera un dîner sur ce thème avec plusieurs autres dirigeants.

Ces tensions provoquées par la guerre en Ukraine font écho au ressentiment Nord-Sud dans la lutte contre le changement climatique. Les pays pauvres, en première ligne des impacts dévastateurs d’un réchauffement dont ils ne sont pas responsables, se battent notamment pour que les pays riches tiennent enfin leurs promesses d’aide financière.

À deux mois de la conférence sur le climat de l’ONU COP27, le président de l’Union africaine, le Sénégalais Macky Sall, a appelé dans son intervention les pays riches à financer l’adaptation des pays les plus vulnérables au réchauffement climatique.

« L’Afrique a assez subi le fardeau de l’histoire » et ne veut pas devenir « le foyer d’une nouvelle guerre froide » mais un « pôle de stabilité », a déclaré Macky Sall.


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