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Diomaye-Sonko : vers une séparation politique ?

Diomaye et Sonko

La relation politique entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko semble entrer dans une zone de fortes turbulences. Plusieurs observateurs évoquent désormais une possible rupture au sommet de l’État, sur fond de divergences stratégiques et d’ambitions politiques en perspective de l’élection présidentielle de 2029.

Selon l’analyste politique Malao Kanté, les signes d’un éloignement entre les deux hommes ne font aujourd’hui plus de doute. « Ce n’est plus une surprise, c’est désormais une confirmation. Nous avons un président qui ne cache plus son jeu et qui semble se préparer déjà pour les échéances présidentielles de 2029 », a-t-il affirmé.

Ces derniers mois, certains observateurs avaient également pointé les prises de position et les initiatives politiques de l’ancienne Première ministre Aminata « Mimi » Touré. Beaucoup pensaient qu’elle agissait de manière isolée. Mais, selon Malao Kanté, les récents développements laissent penser que ces démarches auraient été menées « sous instruction stricte du président Diomaye ».

Pour l’analyste, la situation actuelle révèle clairement les ambitions politiques du chef de l’État, qui chercherait à structurer sa propre base politique en vue des prochaines échéances électorales. « Diomaye a des ambitions et il compte mobiliser ses troupes pour atteindre ses objectifs », soutient-il.

La question se pose désormais de l’avenir des relations entre le président et le parti Pastef, dirigé par Ousmane Sonko. Sur le plan politique, Malao Kanté estime que la rupture semble déjà consommée. « On ne peut pas être militant du Pastef et en même temps porter une autre démarche politique. Sur ce terrain, c’est clairement le divorce », analyse-t-il.

Dans une récente déclaration, le président Diomaye Faye a également appelé à la consolidation de la coalition au pouvoir, en affirmant que celle-ci « ne doit pas vaciller » et qu’elle doit être présente sur l’ensemble du territoire. Pour certains observateurs, ces propos traduisent la volonté du chef de l’État de bâtir son propre appareil politique.

Une telle dynamique pourrait conduire à une confrontation politique ouverte entre le président de la République et son Premier ministre. « Il est clair qu’il y a désormais deux visions à la tête de l’État. Or, on ne peut pas durablement gouverner avec deux lignes politiques et deux fortes personnalités qui s’opposent », estime Malao Kanté.

Pour lui, cette situation pourrait fragiliser le fonctionnement de l’État et créer des tensions au sommet du pouvoir. Dans ce contexte, deux scénarios semblent possibles : une séparation politique nette entre les deux camps, qui pourrait se traduire par un remaniement gouvernemental, ou le maintien d’un compagnonnage de façade.

« Mais un compagnonnage de façade ne serait pas sain pour le fonctionnement de l’État », prévient l’analyste, qui estime qu’une clarification politique pourrait s’imposer « dans l’intérêt supérieur de la nation ».