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Diomaye Faye évoque une économie résiliente sans le FMI et met en garde contre des tensions politiques

Grande interview - Bassirou Diomaye Faye parle de la JUSTICE et de la Loi d'Amnistie

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a déclaré samedi lors de sa grande interview avec des médias locaux que l’économie sénégalaise se portait bien sans le soutien du Fonds monétaire international (FMI), tout en avertissant que la guerre en Iran pourrait freiner la croissance.

Le chef de l’État a expliqué que les prévisions économiques avaient été établies sur la base d’un prix du pétrole à 64,5 dollars le baril. Mais la hausse jusqu’à 119 dollars entraîne une révision à la baisse des perspectives. Il a souligné que « les ressources initialement destinées à l’investissement sont finalement réorientées vers l’approvisionnement du pays en produits pétroliers », ce qui retarde les projets prévus pour l’année.

Sur le plan politique, Bassirou Diomaye Faye a estimé que la trajectoire du parti au pouvoir (PASTEF) pourrait conduire à sa chute si aucun redressement n’est opéré. Il a toutefois précisé que le Premier ministre, Ousmane Sonko, restera en fonction tant qu’il « fait correctement son travail ».

Ces déclarations, diffusées samedi soir lors d’une grande interview accordée à trois médias nationaux, interviennent dans un contexte de spéculations sur la fragilité de l’alliance entre les deux dirigeants, alors que le Sénégal fait face à des difficultés économiques liées à la dette et aux répercussions du conflit en Iran.

Des signes de dissension étaient déjà apparus en mars, lorsque Ousmane Sonko s’était dit prêt à retirer son parti du gouvernement pour retourner dans l’opposition si le président s’éloignait de la vision du Pastef. De son côté, Bassirou Diomaye Faye a averti que le parti pourrait « s’effondrer » si ses partisans ne changent pas de cap, rappelant que son soutien repose davantage sur l’adhésion aux idéaux que sur une personnalisation du pouvoir.

Le président a également insisté sur ses prérogatives, affirmant qu’il dispose du pouvoir de nommer et de révoquer son Premier ministre. « Tant que (Sonko) restera Premier ministre, c’est qu’il fait correctement son travail. Cependant, le jour où je ne serai plus satisfait, je ferai passer les intérêts du Sénégal avant tout », a-t-il déclaré.

Pour rappel, le programme de 1,8 milliard de dollars conclu avec le FMI a été gelé en 2024 après la découverte de dettes mal déclarées par l’administration précédente. En novembre, Ousmane Sonko avait indiqué que l’institution avait proposé une restructuration de la dette, une option que le Sénégal n’entend pas accepter. Selon Reuters, les discussions pour un nouveau programme restent au point mort.