Que les Sénégalais se le tiennent pour dit : En marge de la 96e édition de la Ziarra générale de Tivaouane, le ministre de l’Intérieur, Mouhamadou Bamba Cissé, a troqué le discours protocolaire pour une mise en garde sévère. Face à une conjoncture internationale asphyxiante, le Sénégal s’apprête à faire face à une possible révision des tarifs de l’énergie dans les jours à venir.
Un diagnostic sans détour ? Venu représenter le président de la République dans la cité religieuse de Tivaouane, le ministre de l’Intérieur n’a pas utilisé de circonvolutions pour décrire la situation actuelle. Après avoir rendu un vibrant hommage aux enseignements de Serigne Babacar Sy et salué l’organisation de l’événement, Mouhamadou Bamba Cissé a rapidement basculé sur l’urgence de l’heure : la menace d’une crise énergétique majeure. Cette sortie rappelle celle du Pm, qui avait annoncé que le ministre de l’Energie allait faire une sortie en ce sens.
Pour étayer son propos, il a dressé un tableau sombre de la situation régionale et internationale. Il a notamment cité l’exemple de la Mauritanie, qui a déjà procédé à une augmentation des prix de l’essence, du gasoil et de l’électricité, ainsi que la France, où près de 15% des stations-services sont actuellement fermés. Des indicateurs qui, selon lui, annoncent des turbulences inévitables pour le marché local.
Si les prix à la pompe sont restés stables au Sénégal jusqu’à présent, le ministre a tenu à préciser que ce calme n’est que le résultat d’un effort financier colossal de la part du gouvernement. «Je ne fais pas de la politique, mais ce que je dis, c’est la réalité», a-t-il martelé, revendiquant un discours de vérité envers les citoyens. Selon ses révélations, les tarifs auraient dû être révisés à la hausse depuis près de deux semaines. Jusqu’ici, l’Etat a joué le rôle de bouclier en absorbant les chocs extérieurs pour préserver le pouvoir d’achat des ménages.
«Préparez-vous» : une hausse probable dans quelques jours
Cependant, ce soutien étatique semble avoir atteint ses limites. L’avertissement du ministre est on ne peut plus clair : la stabilité actuelle est précaire. «Les Sénégalais n’ont pas encore senti de difficultés, mais cela peut arriver dans quelques jours», a prévenu Mouhamadou Bamba Cissé. En appelant implicitement à la vigilance et à la préparation, le représentant de l’Exécutif prépare l’opinion publique à une mesure qui semble désormais actée. Reste à savoir quelle sera l’ampleur de cet ajustement et quelles mesures d’accompagnement seront mises en place pour amortir l’impact social d’une telle décision, écrit le Quotidien, dans sa livraison du jour.






















