.
Accueil À la une Crise dans le secteur du Btp: le cri de détresse des acteurs

Crise dans le secteur du Btp: le cri de détresse des acteurs

Les acteurs du secteur du Bâtiment et travaux publics (Btp) ont organisé, samedi, une forte mobilisation, dans le hall de la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Dakar (Cciad), pour interpeller l’Etat sur le paiement de la dette due aux entreprises, la reprise des chantiers à l’arrêt, ainsi que la relance de l’activité de construction. Au-delà des difficultés exposées, ils ont profité de ce cadre de dialogue pour proposer des pistes de solutions.

Ouvriers, techniciens, ingénieurs, architectes, entrepreneurs, fournisseurs, gargotiers, entre autres acteurs intervenant dans le secteur du Bâtiment et travaux public (Btp), ont convergé, samedi à la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Dakar (Cciad), pour passer au peigne fin les difficultés auxquelles sont confrontées les entreprises, notamment les arriérés de paiement, l’arrêt de certains chantiers… Et pour faire face à cette crise qui pèse sur certains acteurs, des pistes de solutions ont été proposées. «Une stratégie d’apurement progressif mais garanti des dettes publiques envers les entreprises du Btp» est la première recommandation formulée par Allé Diouf, coordinateur de l’Initiative pour la mobilisation du secteur du Btp et ses collègues.

Pour eux, «cet engagement clair redonnerait confiance à la filière. Le changement de gouvernement a entraîné un ensemble d’audits et d’arrêts de chantiers diversement apprécié. En connaissance de cause, il y a eu des malfaçons et malversations graves. Pour ces cas, l’autorité contractante peut être complice en termes de gouvernance, l’Etat peut prendre des dispositions en accord avec les experts de l’entreprise pour évaluer ce qui est acceptable et ce qui peut être déduit des montants dus. Une telle procédure doit être diligentée, de quelque bord que cela se situe».

Pour les marchés pour lesquels l’Etat reconnaît la dette sans réserve, de façon transparente, les acteurs demandent aux autorités de procéder à «un apurement progressif sous forme de moratoire en accord avec l’entreprise. Pour ces cas, par souci de transparence, l’information doit être rendue publique sur ce que les entreprises ont reçu comme paiement». «Un allègement fiscal temporaire pour soutenir la reprise des chantiers» est aussi préconisé pour permettre aux entreprises de concourir à de nouveaux appels d’offres avec un quitus fiscal allégé.

Par exemple, «pour les entreprises qui font l’objet d’un redressement fiscal dans cette période de crise (absence de chantier, dettes impayées, échéances bancaires échues et cumulées au découvert bancaire, etc.), une solution pourrait être orientée vers la révision du redressement par la revue des pénalités et un différé substantiel de règlement en moratoire ; de différer la condition de fournir un quitus fiscal pour la participation aux appels d’offres publics sur une année».

Sur ce point, ils proposent aussi que «le retard de paiement des Tva susceptibles de paiement de pénalités soit accepté sur 90 jours au plus tard sur une période de 1 ou 2 ans», rapporte le journal Le Quotidien.