Faute d’un approvisionnement en eau régulier depuis plusieurs mois, au Centre hospitalier régional Amath Dansokho (Chradk) de Kédougou la section locale du Sames a annoncé, le mercredi 7 janvier 2026, une réduction drastique de ses activités dès ce jeudi.
L’Hôpital régional de Kédougou est à sec. Ce qui n’était au départ qu’une gêne nocturne, s’est transformé en une crise humanitaire et professionnelle majeure. Dans une lettre ouverte adressée au directeur de l’établissement, le Syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du Sénégal (Sames) tire la sonnette d’alarme sur l’insalubrité et l’impossibilité de soigner dignement les patients.
Selon les représentants syndicaux, le manque d’eau sévit depuis plus de deux mois au sein de la structure. Si les coupures survenaient initialement entre 20h et 6h du matin, la situation s’est aggravée cette dernière semaine avec une absence totale d’eau dès 13h.
Le Sames dénonce avec vigueur, une absence de communication officielle de la part de la direction de l’hôpital face à cette crise, de solutions temporaires qui affecte directement la qualité de la prise en charge des malades et expose le personnel à des risques sanitaires accrus, et le manque de propositions concrètes pour sortir de cette impasse.
Face à ce qu’il qualifie de «décadence des conditions de travail», le Sames section Chradk a pris une décision radicale. A compter du jeudi 8 janvier 2026, les activités de soins seront considérablement réduites si une solution garantissant un approvisionnement 24h/24 n’est pas trouvée.
Concrètement, l’impact sur les populations sera lourd : arrêt des consultations de routine, suspension des programmes réglés (opérations chirurgicales non urgentes), arrêt des soins obstétricaux non urgents, maintien partiel des urgences. Seules les urgences critiques seront traitées, et uniquement durant les créneaux horaires où l’eau est disponible.
Le syndicat a envoyé des ampliations au Gouverneur de la région de Kédougou, au Directeur régional de la Santé, ainsi qu’au Pca de l’hôpital, espérant une intervention rapide des autorités étatiques.
L’enjeu est de taille : protéger le personnel soignant et garantir le Droit constitutionnel des populations de Kédougou à des soins de santé de qualité, une promesse qui, pour l’heure, se heurte à la dure réalité des robinets secs.






















