Conflit en Ukraine – Les premières répercussions sur le marché du pétrole

Ukraine-Russie: le baril du pétrole dépasse 100 dollars, une première depuis 2014

L’annonce d’une « opération militaire » en Ukraine par Vladimir Poutine a fait bondir les cours du pétrole. Le lancement de l’“opération militaire” russe en Ukraine par Vladimir Poutine a fait trembler les marchés. Celui du pétrole notamment, puisque le prix du baril est passé au-dessus de 100 dollars ce jeudi 24 février, une première depuis septembre 2014.

Le baril de Brent de la mer du Nord a dépassé la barre des 100 dollars et le baril américain de West Texas Intermediate (WTI) se rapprochait aussi de ce seuil symbolique. Cette hausse pourrait avoir des conséquences sur les prix à la pompe dans les jours qui viennent.

“Le marché du pétrole va maintenant voir comment les nations occidentales vont répondre aux dernières actions de la Russie”, a commenté Warren Patterson, spécialiste des marchés des matières premières de la banque néerlandaise ING. “Nous allons probablement assister à encore plus de volatilité sur le marché”.

L’annonce de Vladimir Poutine a un impact sur les prix puisque Moscou fournit 11,5% de l’offre mondiale et est le deuxième exportateur ainsi que le troisième producteur de pétrole brut. Quelque 2,3 millions de barils de pétrole brut russe partent chaque jour vers l’Europe.

Du côté du gaz naturel, le marché de référence en Europe, le TTF (Title Transfer Facility) néerlandais, se négociait à 107,615 euros le mégawattheure (MWh), en explosion de 21% par rapport à la veille.

Dans ce contexte, l’Arabie saoudite, riche en pétrole, et l’émirat du Qatar, aux importantes réserves gazières, sont au cœur de l’attention de l’Union européenne (UE) dont le marché du gaz dépend à 40% des approvisionnements russes et est donc très vulnérable aux tensions entre la Russie et l’Ukraine.

Proches des États-Unis et de l’UE, Ryad et Doha “sont confrontées à une forte demande de leurs exportations” d’hydrocarbures, confirme à l’AFP Karen Young, directrice du programme sur l’économie et l’énergie au Middle East Institute, basé à Washington. Or augmenter la production de pétrole et acheminer de nouvelles quantités de gaz naturel liquéfié (GNL) n’est “pas si simple”.

Le blé, le cuivre et l’or pourraient suivre

Certains grands importateurs de pétrole ont aussi appelé l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés (OPEP+) à produire davantage -et plus rapidement- d’or noir, faisant notamment pression sur l’Arabie saoudite. Quant à cette dernière, elle n’a fait preuve d’aucun signe d’intérêt pour augmenter sa production de pétrole alors qu’elle est un acteur clé de l’OPEP+, aux côtés de la Russie.

La crise actuelle donne par ailleurs aux pays producteurs de pétrole et de gaz du Golfe l’opportunité de rappeler leur importance stratégique, au moment où les critiques fusent concernant l’impact de l’industrie des hydrocarbures sur l’environnement et le climat. Le Qatar espère ainsi obtenir des contrats d’approvisionnement à long terme (jusqu’à 25 ans), ce que l’Europe refuse jusqu’à présent.

Les pays du Golfe étant confrontés à leur “déclin” dans un contexte de “transition énergétique”, “c’est peut-être l’occasion pour eux d’utiliser leur influence pour faire valoir leur importance dans l’économie mondiale”, souligne Karen Young.

Outre le pétrole et le gaz, le cuivre, l’or ou encore les matières premières agricoles, “en particulier le blé” pourront subir une hausse des prix au vu du contexte géopolitique, prévient Christopher Dembik, directeur stratégie et macro-économie de Saxo Banque. En effet, affirme-t-il, quelque “40% de la production ukrainienne de blé est réalisée dans les oblasts de l’Est et 8% plus particulièrement dans les régions séparatistes” de Lougansk et Donetsk.

 

Huffington Post et AFP

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