Nous leur avions tout donné : la vie de nos enfants, de nos frères et de nos sœurs arrachée dans les violences politiques ; notre temps, nos énergies, l’onction populaire, nos maigres ressources et, in fine, la légitimité de décider ce qu’ils présentaient comme étant le mieux pour nous.
Bassirou Diomaye Faye a été élu président de la République par la volonté divine et populaire. Par cette même volonté, Ousmane Sonko est devenu Premier ministre du Sénégal. Il a bénéficié d’une période de grâce de près de deux ans, durant laquelle nous avons assisté à la concrétisation d’un discours politique prémonitoire de son désastre de gouvernance. Mais ce qui se déroule aujourd’hui sous nos yeux ressemble davantage à un véritable capharnaüm sous Sonko.
Pour beaucoup de militants et sympathisants de Pastef, gouverner devait bouleverser l’ordre établi. Or, nous avons appris qu’une alternance politique ne transforme pas automatiquement la réalité d’un pays. Après deux ans et deux mois d’Ousmane Sonko à la Primature, le bilan apparaît catastrophique à bien des égards.
Le Sénégal s’est retrouvé dans une situation financière extrêmement préoccupante, comme si l’on s’était attendu à ce que tout s’arrange immédiatement après le départ de Macky Sall et de son système, dès le premier tour d’une élection présidentielle pourtant historique.
Il fallait être Ousmane Sonko pour multiplier les sorties médiatiques afin de théoriser le concept de « quatrième sous-sol », puis celui de dette cachée, découverte et finalement qualifiée d’odieuse. Pendant ce temps, le FMI exigeait des explications et les agences de notation dégradaient la note du Sénégal.
Pendant ce temps également, le souverainisme proclamé par Guy Marius Sagna nous pompait l’air sans améliorer le quotidien des Sénégalais. L’autonomie tant vantée par Ousmane Sonko s’est révélée être une chimère. Ces termes — souverainisme et panafricanisme — semblent surtout servir de refuge rhétorique à des populistes et à certains militants de la diaspora, comme s’ils pouvaient, à eux seuls, régler nos maux.
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Sous le magistère d’Ousmane Sonko à la Primature, le Sénégal a donné l’image d’un pays isolé, susceptible de faire fuir partenaires et investisseurs. Sous prétexte que gouverner exige une parole libre, les déclarations hasardeuses se sont succédé sur des enjeux nationaux et internationaux que le Premier ministre ne semblait pas toujours maîtriser.
C’est qu’avec Al Aminou Lo, que le dialogue avec le FMI a réellement repris. Il aura suffi d’une déclaration du ministre des Finances, Cheikh Diba, pour que l’espoir renaisse, quoi qu’il en coûte. Car les conditions de vie des Sénégalais n’ont jamais été aussi difficileset pétantes.
KMNGN






















