Les musulmans de Thilogne et environs ont célébré ce vendredi 10 et le samedi 11 janvier, la 42ème édition de la Ziarra annuelle dédiée à l’érudit Thierno Hamet Baba Talla.
Comme à l’accoutumée, la Ziarra annuelle dédiée Thierno Hamet Baba Talla a été marquée par une veillée religieuse, un recueillement au mausolée du défunt marabout.
La cérémonie officielle a été présidée par l’adjoint au gouverneur de Matam, chargé du développement, Tafsir Baba Anne, en présence du préfet de Matam, Tening Faye et de plusieurs chefs de service et élus locaux.
Lors de la cérémonie officielle, le Maire de Thilogne Mamadou Elimane Kane a sollicité de l’Etat, la construction d’une maison des hôtes à Thilogne, suite à la reconnaissance de son statut de cité religieuse.
Selon l’APS, le maire de la commune de Thilogne, Mamadou Elimane Kane a plaidé, samedi, pour la construction d’un Daara moderne dans la localité, ajoutant que le site devant abriter cette infrastructure « a été déjà délimité ».
« Le régime sortant avait promis de construire un Daara moderne ici, dans le cadre de la modernisation des villes religieuses. Le site devant abriter cet établissement a été déjà délimité. Nous plaidons pour sa construction au nom du principe de la continuité de l’Etat », a-t-il dit dans des propos rapportés par nos confrères de l’APS.
La célébration de la ziarra de Thierno Hamet Baba Talla, est née « d’une initiative » d’étudiants arabophones du Fouta dénommée « An Nahda » et visant à rendre hommage aux érudits de cet ancien royaume du nord du Sénégal, a rappelé le secrétaire général de l’Association des disciples dudit guide religieux.
Une association d’étudiants et d’enseignants arabophones, dénommée An Nahda, dans son programme culturel, a inscrit dans les années 80 un hommage annuel aux éminentes figures religieuses du Fouta. En 1982, ils ont porté leur choix sur Thierno Hamet Baba de Thilogne
Ainsi, en relation avec les habitants de Thilogne et ses ressortissants basés à Dakar, An Nahda a organisé une conférence publique sur la vie et l’œuvre de Thierno Hamet Baba Talla, à l’Institut Islamique de Dakar.
Par la suite, une délégation s’est rendue à Thilogne, une commune du département de Matam, pour prier sur la tombe du Cheikh.
Tirant un bilan satisfaisant de ces activités, des habitants de Thilogne avec l’accord de la famille du marabout décidèrent alors de rendre un hommage annuel à Thierno Hamet Baba Talla et de prier pour lui pour tout ce qu’il a fait pour la propagation du savoir islamique.
Thierno Hamet Baba Talla est né vers 1871 et, est issu d’un environnement social religieux car son père Sidiki Baboukari appartient aux Talla-Koornaabé, marabouts de tradition et sa mère Dieynaba Amadou Safietou Ly descend de Thierno Mollé Mamoudou, connu et respecté pour son savoir et sa piété à Thilogne.
Retraçant la vie du saint homme, Racine O. NDIAYE chercheur à l’IFAN de Saint-Louis nous apprend que dans sa quête du savoir, le jeune Hamet s’était rendu dans l’une des premières écoles de l’époque à Nguijilone auprès de Thierno Yero Bal. Là, il fit la connaissance de grandes personnalités telles que Amadou Tidiane Wone de Kaédi, Elhadj Malick Sy de Tivaouane, Thierno Baba Sall de Kayes et acquit une solide formation islamique. En 1908, il s’installa définitivement à Thilogne qui se transforma rapidement en une grande université où plusieurs disciples convergeaient.
Thierno Hamet Baba quitta ce monde en 1935 après s’être évertué toute sa vie durant au rayonnement de l’Islam. De son école sortirent d’éminents marabouts qui continuent à jouer un rôle important dans l’enseignement de l’Islam dans le Fouta. Parmi ceux-ci, on peut citer : Thierno Mohamed Said Ba, fondateur du village de Medina Gounass et du Daaka, Thierno Mohamadou Bocar Kane qui va fonder un autre grand foyer à Kaédi en Mauritanie et Thierno Cheikh Youmakhane Ly de son vrai nom Thierno Harouna Ly qui a fondé un foyer au ville de Doumga Ouro Alpha dans la commune de Bokidiawé.
Le chercheur termina en ces mots : « Celui qui visite Thilogne aujourd’hui saura que le foyer qu’ils y ont allumé jamais ne s’éteindra. »






















