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Bassirou Faye et Fallou Sène tués lors de manifestations estudiantines : “Diourbel n’est pas un cimetière”

Les étudiants souhaitent que leurs camarades morts ne soient pas oubliés. Ils veulent que des places soient érigées en leur mémoire. La mort de Mouhamadou Fallou Sène ne doit pas passer par pertes et profits. Il faut que justice se fasse.

Malgré la chaleur torride qu’il faisait hier à Diourbel, ils ont battu le macadam. Visibles et reconnaissables à leurs blouses bleues, les élèves du collège de Sambé, établissement où Mouhamadou Fallou Sène a fait le cycle moyen, se sont eux aussi joints à la procession pour réclamer justice pour la mémoire de leur grand frère.

Dans la commune de Diourbel, les élèves n’ont pas fait cours excepté ceux qui sont encore au préscolaire. De la devanture du bureau de la poste, point de départ, jusqu’à la gouvernance, en passant par les quartiers Keur goumack et Keur Serigne Mbaye Sarr, la foule ne cessait de grossir.

A chaque intersection, les étudiants étaient obligés de s’arrêter et d’expliquer les raisons de leur colère. “Diourbel dou cimetière’’ (Diourbel n’est pas un cimetière), faisant référence à la mort de Bassirou Faye, avant Fallou Sène. Les deux photos des deux victimes ont été d’ailleurs brandies, avec des pancartes en rouge et noir. “Etudiant dou miskine (étudiant n’est pas synonyme de misérable). “Je réclame ma survie, vous m’ôtez la vie.’’ Etudiant dou cible, dou mala (un étudiant n’est pas une cible, il n’est pas un animal), ajoutent-ils.

Parmi les marcheurs, le guide religieux Serigne Modou Makhfousse Mbacké. “Je suis là en tant que citoyen qui vient soutenir ses compatriotes. J’appelle aussi au calme et à l’apaisement surtout à l’endroit des deux parties. Elles doivent savoir que seul le dialogue peut régler certains problèmes. J’appelle les étudiants au calme avant de leur rappeler qu’on ne peut rien contre la volonté divine. C’est Dieu qui décide de tout.

A l’Etat, je demande d’aller jusqu’au bout de l’audit, parce que c’est inadmissible que 40% du budget de l’Education soit destiné au secteur de l’éducation et qu’on ne parvienne pas à résoudre certaines questions. Les tenants du pouvoir ne doivent pas perdre de vue que seul le dialogue peut permettre de régler les problèmes.

Aux étudiants, je conseille de changer de méthodes, parce qu’ils seront les dirigeants de demain ; et à ce titre, ils ne doivent pas s’en prendre aux édifices publics et détruire certains documents très importants’’. A sa suite, Aly Atekh Touré, président de l’amicale des étudiants diourbellois à l’UGB, de solliciter du chef de l’Etat une audience. Il demande à l’Etat de respecter ses engagements pris auprès des familles de Fallou Sène et de Bassirou Faye.

Aux partis politiques, il dira : “Nous ne voulons pas de récupération politique.’’ Il a également demandé que des places soient érigées au nom de Bassirou Faye et Fallou Sène, sans oublier le départ du gouvernement des ministres Mary Teuw Niane, Aly Ngouille Ndiaye et Amadou Ba.

EnQuete

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