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Assemblée nationale: un blocage suspect de la Loi de finances rectificative

Ousmane Sonko - Président Assemblée Nationale
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Après deux reports successifs, le Bureau de l’Assemblée nationale se réunit demain dans un climat politique particulièrement lourd. Entre le rejet de la réforme constitutionnelle par le Conseil constitutionnel et le blocage suspect de la Loi de finances rectificative (Lfr), les députés ouvrent une nouvelle séquence politique décisive.

L’attente a trop duré pour les parlementaires. Repoussée à deux reprises, la réunion du Bureau de l’Assemblée nationale est finalement programmée pour demain. Ce rendez-vous, crucial pour l’organisation des travaux et la gestion des crises internes, s’ouvre dans un contexte de paralysie législative larvée. Alors que les urgences sont pesantes, notamment le projet de Loi de finances rectificative (Lfr) ainsi que d’autres projets de loi.
Le texte est sur le bureau du président de l’Assemblée nationale depuis presque 20 jours. Une lenteur administrative difficile à justifier, d’autant que le Débat d’orientation budgétaire (Dob) a déjà été dument discuté par les députés au lendemain du vote des réformes constitutionnelles portées par Pastef à l’Assemblée. En retardant la présentation de la Lfr alors que les orientations budgétaires sont théoriquement actées, la présidence de l’Assemblée s’expose aux accusations de calculs politiques, voire de tentative d’obstruction passive face aux urgences financières du pays.
Cette paralysie intervient alors que le Législatif vient d’essuyer un revers majeur : le rejet pur et simple de sa réforme constitutionnelle par le Conseil constitutionnel. Face au retard en cours, le gouvernement peut-il d’urgence reprendre la main ? La session ordinaire unique s’étant achevée le 30 juin dernier, le Parlement est théoriquement en vacances. Mais l’Exécutif dispose d’une carte maîtresse : la convocation d’une session extraordinaire. En fixant lui-même l’ordre du jour, le gouvernement pourrait contraindre l’Assemblée à siéger pour débloquer la Lfr et imposer ses priorités économiques avant la fin de l’été.
La réunion de demain ne sera pas une simple formalité administrative. Elle marque le coup d’envoi d’une nouvelle séquence politique où chaque camp va devoir abattre ses cartes. Entre un Exécutif renforcé par la décision des «Sages» et une présidence de l’Assemblée qui joue la montre avec le budget, le bras de fer ne fait que commencer.

 

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Par Bocar SAKHO – bsakho@lequotidien.sn