Arrêt précoce des pluies : Vélingara dans le désarroi

Dans le département de Vélingara, les derniers semis de riz, de maïs et d’arachide n’ont pas bouclé leur cycle, à cause d’arrêt précoce des pluies. Ce qui a mis les paysans dans le désarroi. 

Le mois d’octobre n’a pas du tout été pluvieux dans le département de Vélingara, au sud du Sénégal. En témoigne le dernier bulletin du service départemental du développement rural qui indique que «octobre 2016 reste le mois le plus déficitaire en quantité et en répartition depuis 2007. Aucune goutte de pluie dans la zone de Kounkané, 8,6 mm sont tombées à Pakour, 5,6 à Bonconto et 2,9 à Sinthiang Koundara.

La commune de Vélingara qui a reçu la plus grande quantité au cours de ce mois  (25,2mm) a vu sa zone nord zappée.» Alors que, selon les techniciens du service départemental du développement rural, «les derniers semis de riz, de maïs et d’arachide ont encore besoin d’eau pour boucler leur cycle.» Déjà, «des cas d’avortement sont constatés sur les gousses d’arachide (gousses sans graines).» Le même bulletin renseigne que «l’on constate une baisse des humidités qui annonce la fin de l’hivernage.» C’est donc la fin de l’hivernage. Les derniers semis de maïs, de riz de plateau et d’arachide ne boucleront jamais leur cycle. Il s’agit d’au moins 70% des surfaces emblavées dans le département, selon un technicien.

Car les paysans du Fouladou, très faiblement équipés, tardent à boucler leurs semis. Et puis, ils ont été victimes d’une longue pause pluviométrique qui a duré une bonne partie du mois de juillet.

Aliou Diamanka producteur du village de Saré Yéroyel, à 2 km de la commune de Vélingara note : «Nos derniers semis de riz, d’arachide et de maïs ne seront bons que comme aliment de bétail. Nous allons laisser nos bêtes les brouter sur pied. La pluie s’est arrêtée au moment où les plantes étaient en phase d’épiaison ou de formation de gousses. C’est foutu.» Soulèye Sabaly est maïziculteur du village de Saré Mady, à 23 km de Vélingara sur la Rn6. Il déclare : «J’ai un champ de maïs d’un hectare qui est semé en fin  juillet. C’est au moment de l’épiaison que la pluie s’est arrêtée. Dans cette zone il n’a pas plu pendant tout le mois d’octobre. Je me suis endetté pour financer cette campagne agricole.»

Son ami Aliou Diao du même village ne trouve pas de solution à l’équation de la dette contractée auprès des institutions financières. Il pense déjà que «la soudure va s’installer précocement dans cette zone. Seuls les mils ont donné. La pression que les greniers de mil vont subir (nourriture et financement d’autres besoins) vont les assécher plus tôt que d’habitude.  Comment se nourrir jusqu’à la récolte en 2017 et comment payer sa dette ? Ce sont les questions que nous nous posons.»
A rappeler que Vélingara a «enregistré 764 mm de cumul hivernal en 62 jours, soit 92% de la normale pluviométrique».

LeQuotidien

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