Apologie de la violence : Tirs groupés contre le député de Ranérou-Ferlo, Aliou Dembourou Sow

Le Député Aliou Dembourou Sow a eu l’outrecuidance et fait la maladresse de l’apologie de la violence en parlant de la possibilité pour le Président Macky Sall de briguer un 3e mandat. Il ne s’est pas seulement limité à cela. Ainsi, il s’attire les foudres des citoyens et même de la presse. 

«Non seulement Macky Sall doit faire un troisième mandat mais en quittant, qu’il transmette le pouvoir à Abdoulaye Daouda Diallo». Cette étonnante déclaration est du député à l’Assemblée nationale du département Ranérou-Ferlo (Matam), Aliou Dembourou Sow.

Dans une vidéo partagée dans les réseaux sociaux, il soutient dans la langue poular qu’il est hors de question que le Président Macky Sall quitte le pouvoir en 2024. Devant une assistance acquise à sa cause, il martèle que, le Président de la République peut ainsi bel et bien briguer un troisième mandat puisqu’il est juste à son premier mandat de cinq ans. «Macky Sall est à son premier mandat. L’autre mandat de sept ans n’est pas valable.

D’ailleurs, il avait écrit au Conseil constitutionnel pour lui demander si le premier mandat pouvait être réduit à cinq ans. C’était sa volonté. Mais, le Conseil constitutionnel lui a répondu que la Constitution est claire là-dessus. Donc, comprenez que ce n’est pas choix. C’est la loi. Cette dernière parle de deux mandats successifs de cinq ans et non d’un mandat de sept et d’un autre de cinq ans», a fait savoir Aliou Dembourou Sow.  

Suffisant pour que le parlementaire demande à ses partisans de s’atteler à la tâche pour la réélection du Président Macky Sall en 2024. Pis, ajoute-t-il  : «j’entends des gens dirent qu’ils vont brûler le pays. Ils ne feront rien. C’est nous qui avons le pouvoir. Et quand on a le pouvoir on ne le lâche pas», argue-t-il en donnant les exemples des militants de Parti Socialiste (PS) et du Parti démocratique sénégalais (PDS), rapporte Sud Quotidien dans son édition du week-end.

Aussitôt après,Moustapha Diakhaté est monté au créneau. Et, c’est pour exiger la destitution du député Alioune Dembourou Sow.  L’ancien président du groupe parlementaire Benno Bokk Yaakaar estime qu’au moment où il y a partout dans le monde libre, des vagues de mobilisations contre le racisme et les discriminations, il est inacceptable qu’au Sénégal, un élu de la République appelle son ethnie à s’armer de machettes pour faire face aux opposants du 3e mandat pour le président Macky Sall.

Pour lui, ce discours doit être dénoncé par l’Alliance pour la République, le groupe parlementaire Bby et les compatriotes de la communauté al poular que le député Alioune Dembourou Sow appelle à s’armer de machettes pour combattre ceux qui tenteraient de s’opposer au 3e mandat.

Le journal Le Quotidien, dans son Sucré-Salé du samedi, le qualifie d’un député «sang» retenue. Gravissime !, s’insurge le canard. “Suggérer à des gens de prendre les machettes pour répondre à quiconque menacerait les pro 3ème mandat, c’est être un homme «sang» retenue. Surtout venant d’un député qui, même s’il est élu sur une liste départementale, représente tout un Peuple et non une ethnie ou son seul département. C’est un coup de machette à la démocratie, à l’unité et à la cohésion nationale. C’est en cela que Aliou Dembourou Sow a failli et cette apologie de la violence doit être punie à sa juste gravité”.

Cheikhou Oumar Sy, ancien député écrit  sur sa page facebook : “Je condamne fermement les propos du Député Aliou Doumbourou Sow. Je demande à l’assemblée nationale et ses collègues de se désolidariser de ces propos xénophobes et gravissimes qui portent une atteinte à notre cohésion sociale. Il n’y a pas de place pour l’incitation à la haine éthique au Sénégal. Toute la communauté haal pulaar condamne ses propos qui ne reflètent en rien les bases de notre vivre ensemble et de notre amour du prochain.  J’invite le député Aliou Doumborou Sow a présenter ses excuses au peuple sénégalais…”.

Mouhamed Rassoul, journaliste à Seneweb se demande “si le Procureur de la République est toujours au Sénégal”. “Malgré ses propos dangereux, ce détraqué mental est libre comme l’air. Je me demande si le Procureur de la République est toujours au Sénégal plus précisément au parquet? Si oui, on attend toujours sa réaction sur cet appel à la violence ethnique, et apologie de la violence”, a-t-il écrit.

Le Frapp porte plainte contre le député Aliou Dembourou Sow

Selon le secrétariat exécutif national du mouvement citoyen, “le Frapp va déposer ce lundi 12 octobre à 10 heures, une plainte contre le député Apr de Ranérou-Ferlo Aliou Dembourou Sow, devant le procureur de la république.

L’objet de la plainte est une dénonciation d’incitation à un crime de masse faite par le député Apr Aliou Dembourou Sow. Les graves propos de ce député sont pour le Frapp constitutifs: (du crime de masse – du crime contre l’humanité – des attaques ciblées contre des populations bien déterminées – de l’atteinte à l’ordre public – de l’atteinte à la sûreté de l’État et à la sécurité publique – de l’atteinte à la paix civile).

Dans une note rendue public, le mouvement avance que “le Sénégal ne peut pas juger sur son sol Hisséne Habré pour des histoires de crime de masse et permettre que sur son territoire un Sénégalais tienne des discours ethnicistes, haineux. Adja Astou Cissé de la 7 Tv avait été convoquée pour beaucoup moins que cela. Le Frapp ne cautionnera pas un deux poids deux mesures au Sénégal et ne fermera pas les yeux devant un appel à un génocide juste pour la réalisation du funeste projet anti démocratique, illégal et illégitime du 3e mandat du président Macky Sall”, lit-on dans le communiqué.


Selon le site xibaaru, Aliou Dembourou Sow a réagi suite à ses propos polémiques. 

Voici l’intégralité des propos qui lui sont attribués :

Dans une république démocratique, comme la nôtre, il n’est plus à enseigner que « La force est et restera à la loi ». Nonobstant, il est seulement important de le rappeler à qui voudrait faire semblant d’oublier. C’est ainsi que, dans une sortie récente,  j’ai fait état de la noblesse du respect strict de la norme suprême dans un pays démocratique et, surtout modèle comme le Sénégal. Mais, c’est avec amertume que  j’ai constaté,  par la suite, qu’une frange de cette population, ayant mal interprété mes propos, manifeste son désaccord avec ma position. Je leur rappelle que j’ai toujours accepté la diversité des opinions mais aussi le décalage dans la  perception car, c’est ce qui fait le charme du débat démocratique: « LE FAIT EST SACRÉ, L’INTERPRÉTATION EST LIBRE ». Je voudrais aussi dire, qu’aujourd’hui encore, je suis plus qu’animé par le désir de participer à toute politique de stabilisation et d’union nationale. Évidemment, cela ne serait possible qu’en préconisant la valorisation des dispositions constitutionnelles. De ce fait, je vous invite, chers concitoyens, au redoublement d’efforts pour le succès du peuple sénégalais.

 

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