La Direction de la prévision et des études économiques (Dpee) vient de publier son rapport sur les risques macroéconomiques au Sénégal et les mesures d’atténuation.
Dans son rapport, la Dpee a identifié, entre autres, des risques liés à la couverture des besoins en financement public. «Depuis la publication du rapport de la cour des comptes sur la dette publique, les statistiques des finances publiques ont été réactualisée donnant lieu à des niveau de déficit élevé au cours des dernières années. Cette situation a conduit à la dégradation de la notation de la dette souveraine du pays et à la suspension du programme avec le Fmi », indique la Dpee.
En conséquence, «il devient quasi impossible de mobiliser des capitaux au niveau du marché financier international ainsi que les appuis budgétaires.
Face à cette situation, la couverture des besoins de financement public devient un risque majeur. Ce risque est d’autant plus important en 2025 que le gouvernement s’est engagé à apurer l’ensemble des arriérés et impayés », alerte la Dpee.
D’ailleurs, «même avec l’hypothèse de mobilisation de tous les financements prévus en 2025, il subsiste un gap de financement de l’ordre de 156 milliards Fcfa. Cette situation aurait pour conséquence l’accumulation de nouveaux arrières préjudiciable au secteur privé national », note la Dpee non sans ajouter : «Un risque persiste également sur la mobilisation des prêts commerciaux prévus en 2025 mais surtout ceux programmés 2026‐2028 évalués en moyenne à 1 104, 8 milliards de Fcfa tandis que par le passé, le niveau de mobilisation de ce type de financement n’a jamais atteint la barre des 800 milliards Fcfa. La révélation du rapport de la Cour des Comptes, notamment en ce qui concerne, la dette cachée compromet sérieusement la crédibilité financière du Sénégal et accroît le risque de financement à court et moyen terme ».
En effet, résume la source: «cette situation fragilise la confiance des bailleurs de fonds, des investisseurs et des marchés financiers, ce qui pourrait entraîner une raréfaction des sources de financement extérieur, une hausse des primes de risque et donc des conditions de financements difficiles. Pour l’économie, cela se traduirait par un coût plus élevé des emprunts, une pression accrue sur les réserves de change et un rétrécissement des marges de manœuvre budgétaires. Sur le plan des finances publiques, la nécessité de réintégrer ces passifs dans les comptes publics pourrait aggraver le déficit budgétaire, remettre en cause les engagements du Sénégal dans le cadre des programmes avec ses partenaires (comme le Fmi) et compromettre la soutenabilité de la dette ».
A terme, souligne la Dpee, «cela risque de retarder la mise en œuvre des projets stratégiques, de freiner la dynamique de croissance et de compromettre les objectifs de développement du pays ».
CMG – Liberation






















