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Africa Forward : Macron défend sa politique africaine et appelle à une relation « d’égal à égal »

Macron défend sa politique africaine et appelle à une relation d’égal à égal

À l’occasion du sommet Africa Forward Summit, organisé depuis ce 11 mai à Nairobi au Kenya, Emmanuel Macron a longuement évoqué l’évolution des relations entre la France et le continent africain, lors d’un entretien accordé au journaliste Marc Kouho pour Brut.

Le président français a affirmé avoir maintenu « un cap constant » dans sa politique africaine, tout en saluant plusieurs dirigeants africains ayant, selon lui, accompagné cette démarche. Il a notamment cité William Ruto, Bola Tinubu, Alassane Ouattara, Bassirou Diomaye Faye et l’ancien président du Sénégal Macky Sall.

« J’ai gardé un cap constant et j’ai trouvé des dirigeants africains qui ont tendu la main à ce cap », a déclaré Emmanuel Macron.

Le chef de l’État français a également défendu la transformation engagée dans les relations entre Paris et les pays africains, estimant qu’une nouvelle génération africaine réclamait désormais « une relation d’égal à égal », loin des anciennes pratiques héritées de la période postcoloniale.

Revenant sur son discours de Ouagadougou prononcé en 2017, Emmanuel Macron a expliqué avoir voulu marquer une rupture avec les anciennes méthodes de coopération entre la France et l’Afrique francophone. Selon lui, les jeunes générations africaines souhaitent « revisiter l’histoire de la colonisation de manière décomplexée » et construire un partenariat « plus équilibré ».

Le président français a aussi dénoncé ce qu’il considère comme des campagnes de désinformation visant la France sur le continent africain.

« Les nouveaux conquérants du XXIe siècle ne sont pas les Français », a-t-il affirmé, estimant que « d’autres acteurs » avaient propagé le narratif d’une prétendue recolonisation française de l’Afrique. Emmanuel Macron a accusé ces acteurs d’envoyer « des milices privées » pour exploiter les ressources naturelles africaines, notamment les diamants et l’or.

Évoquant les tensions observées ces dernières années dans plusieurs pays du Sahel, notamment après les coups d’État au Mali, au Burkina Faso et au Niger, le président français a reconnu une période de transition ayant conduit au retrait des bases militaires françaises de plusieurs pays africains.

Malgré ces tensions, Emmanuel Macron a assuré que la France restait « profondément attachée » aux peuples malien, burkinabè et nigérien, tout en exprimant l’espoir d’un retour au dialogue.

Le président français est également revenu sur les relations entre la France et l’Algérie, qu’il a qualifiées de complexes en raison des enjeux politiques internes dans les deux pays. Il a reconnu que des décisions « très dures » avaient été prises de part et d’autre, notamment sur les visas et les laissez-passer consulaires, tout en affirmant vouloir relancer une dynamique positive entre Paris et Alger.

Sur la question du franc CFA, Emmanuel Macron a rappelé avoir engagé, en 2019, avec le président ivoirien Alassane Ouattara, une réforme du système monétaire ouest-africain afin d’aller vers une future monnaie commune de la CEDEAO, davantage indépendante du lien avec le franc français.

Le chef de l’État français a par ailleurs insisté sur le rôle central des diasporas africaines vivant en France. Selon lui, ces communautés constituent un pont entre la France et l’Afrique et participent pleinement à l’égalité des chances ainsi qu’au rapprochement entre les peuples.

« Vous pouvez être pleinement français et pleinement algérien, marocain, nigérian, béninois ou kényan. C’est une richesse, une force et une opportunité », a déclaré Emmanuel Macron.

Le président français a enfin affirmé combattre à la fois les discours de l’extrême droite et les logiques de repli communautaire, réaffirmant son attachement à « l’universalisme républicain » français.