Actes d’état-civil : L’obtention du document administratif est un véritable casse-tête

L’obtention d’un document administratif est un véritable casse-tête pour les demandeurs. Il s’agit généralement d’actes d’état civil.
Si le Sénégal a la réputation d’être un Etat de droit, la rigueur de son organisation régalienne reste un paradoxe, de l’avis de la population. Tous les jours ouvrables, beaucoup de gens se présentent, très tôt le matin, dans les institutions en charge tels que les mairies et les tribunaux. Les papiers qui sont le plus demandés sont les certificats de naissance, de nationalité, de mariage, etc. Il est 8 h. La devanture du tribunal de Pikine refuse du monde. La majorité est venue pour déposer ou récupérer un document d’état civil. Deux agents de sécurité de proximité se chargent d’organiser les entrées et les sorties. Une petite cabine, dans laquelle se trouvent des policiers, sert d’office pour les dépôts et les retraits. Ceci fait, ces documents sont acheminés aux autorités compétentes. Il faut un effort considérable pour obtenir un papier. Le jeune Abdou Ka, ressortissant de Malika, venu chercher un certificat de nationalité, se désole de la situation. “Ce n’est pas facile. Je me réveille très tôt pour ne pas rater mon rendez-vous’’, avance-t-il. A l’intérieur, l’attente est de même. La salle d’audience no2 est remplie de monde.

Toutefois, il n’y a pas d’accusé à la barre, mais des populations qui sont venues pour des jugements liés à des rectifications sur leurs documents. Ce faisant, certains sont dehors, car ils n’ont pas où s’installer à l’intérieur. Au moment où les uns sont à l’ombre des arbres, d’autres se contentent des couloirs du tribunal. Les locaux refusent de plus en plus de monde. L’attente commence à être longue. Les jurés sont absents des lieux. Subitement, un homme de petite taille sort de la salle, le visage en feu, et dit d’un ton sec : “Ils sont en grève’’, sans citer personne.

La salle commence à se vider de son monde. Certains sont réticents et restent dans la salle. Ce retard n’est pas sans conséquence pour certains citoyens qui ont besoin de ces documents pour déposer des demandes d’emploi ou postuler à un concours. Aissatou Ba est déprimée, à l’annonce de cette nouvelle. “J’ai décroché un contrat dans un centre d’appels au Maroc et j’ai réservé un billet pour le 11 octobre. Je devais annuler mon passeport pour pouvoir obtenir un autre, sans quoi je ne peux pas sortir du pays’’, argue-t-elle d’un air abattu.

Elle affirme avoir déboursé la somme de 15 000 F Cfa pour obtenir un extrait de naissance. La rectification d’un acte d’état civil consiste à corriger les erreurs matérielles et les omissions dans la rédaction d’un acte d’état civil (naissance, mariage, décès, etc.).

A l’issue de la procédure, le greffier en chef du tribunal départemental délivre au demandeur la copie du jugement ou de l’ordonnance et donne ordre à l’officier de l’état civil de procéder à la transcription dans les registres d’état civil. Au centre socio-éducatif Demba Dia des Parcelles-Assainies, les gens se dirigent droit vers la salle de spectacle qui fait office de bureau d’état civil. Des chaises sont rangées face à cinq guichets fonctionnels.

Un monsieur élancé sort de la salle des guichets, papiers à la main, et commence à appeler les noms inscrits sur les certificats. Leurs propriétaires viennent prendre possession. Les certificats de résidence sont les plus prisés. Un monsieur d’une quarantaine d’années en a récupéré plusieurs. Un autre jeune s’avance vers le groupe pour vérifier. Le charivari s’installe.

Le monsieur de les calmer. “Si vous ne faites pas doucement, je vais retourner à l’intérieur avec les papiers’’, tonne-t-il. Ceux qui ont récupéré leurs papiers s’en vont en remerciant l’agent. “Grand, que Dieu t’accorde une promotion’’, le vœu est de l’un d’eux. Les gens déposent la veille et ils passent le lendemain matin ou dans l’après-midi. La connaissance est un critère pour obtenir très tôt un document, de l’avis de Fatou Kiné. “J’ai un ami ici, c’est lui qui me règle tout. Je lui donne juste les filiations’’, affirme-telle. L’officier de l’état civil ne veut se prononcer sur la question sans l’autorisation du maire.

              EnQuete

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