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Acte de terrorisme : Une sénégalaise encourt 15 ans de réclusion criminelle

Aïda Sagna, 42 ans, risque 15 ans de réclusion criminelle devant la chambre criminelle de Dakar pour acte de terrorisme et association de malfaiteurs. Elle connaîtra son sort le 29 avril prochain.

Les procès relatifs au terrorisme se poursuivent encore devant la chambre criminelle de Dakar. Hier, le juge Maguette Diop et ses quatre conseillers ont écouté Aïda Sagna, née en 1979, «impliquée dans des affaires terroristes». Dans les procès-verbaux, il ressort que l’accusée a été en Libye en 2012 pour faire du djihadisme. En clair, son but, en Libye, était « d’inciter les non croyants à entrer dans l’islam et si ces derniers persistent dans leur croyance, elle et ses partisans auront l’obligation de trancher leur gorge ».

Par ailleurs, Aïda Sagna, ayant épousé Lamine Ndiaye, aurait coupé tout contact avec sa famille proche. Son mari, présenté comme un sunnite, l’aurait influencé à tel enseigne qu’elle s’habille désormais en burqa, chose qu’elle n’a jamais faite, à en croire le témoignage de son fils, Pape Ousmane Badiane, devant la barre. En sus, en Libye, d’après le représentant du ministère public, Aïda Sagna vivait à Sabralta, une ville réputée pour des actes liés au terrorisme.

Prenant la parole, Aïda Sagna a versé sur des dénégations. Elle a nié toute forme d’implication sur les faits à elle reprochés. D’ailleurs, à l’en croire, elle a été en Libye pour subir une opération chirurgicale d’un fibrome. Ce que son fils, Pape Ousmane Badiane, a conforté en confiant que sa mère lui avait dit avant son départ qu’elle allait en Tunisie pour se soigner. A propos de son mari Lamine Ndiaye qui serait également un présumé terroriste, Aïda Sagna confie qu’elle n’en suit pas certaine. Seulement, depuis son arrestation, le 18 février 2018, par la Dic, elle n’a plus eu de nouvelles de son mari. D’ailleurs, c’est en prison, selon elle, qu’elle a eu écho que son mari veut le divorce. S’agissant d’Ibrahima Faye, membre de la communauté sunnite au Sénégal, qui aurait payé son billet d’avion pour la Libye, Aïda Sagna soutient que c’est elle-même qui a payé son transport, à l’aller comme au retour.

Toutefois, ces arguments de défense n’ont pas convaincu le procureur. Dans ses observations, ce dernier a révélé que l’accusée habitait avec des arabes à Sabralta et se serait tentée de se suicider en se faisant exploser d’une bombe au cours d’une opération. Ce que la concernée a nié. Mais le procureur a demandé au juge de la retenir coupable des faits et de la condamner à 15 ans de réclusion criminelle.

Du côté de la défense, assurée par Mes Assane Dioma Ndiaye et Théophile Kayoshi, le procureur s’est basé sur des recherches menées sur Internet pour justifier la culpabilité de leur cliente. Or, soutiennent-ils, il faut présenter au juge la matérialité des faits, des preuves, pour demander une telle répression. Toutes choses qui font que les robes noires ont demandé l’acquittement pur et simple à la faveur de leur cliente. Délibéré, le 29 avril 2021.

   ♦ Abou Kane Dia  –  laviesenegalaise.com

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