Paris, 8 septembre 2025 — Événement historique sous la Ve République : l’Assemblée nationale a refusé d’accorder sa confiance au gouvernement de François Bayrou, ce lundi après-midi, précipitant la chute du Premier ministre. Par 364 voix contre 194, les députés ont mis fin à une expérience gouvernementale de courte durée, marquant un tournant politique majeur pour Emmanuel Macron et sa majorité affaiblie.
Un vote de confiance Ă haut risque
En annonçant, le 25 août dernier, qu’il engagerait la responsabilité de son gouvernement, François Bayrou avait pris un pari audacieux. Confronté à des divisions croissantes au sein de la majorité présidentielle et à une contestation montante autour de son plan de rigueur budgétaire, le Premier ministre a choisi d’aller au front. « Cette épreuve de vérité, je l’ai voulue », a-t-il déclaré ce lundi devant un hémicycle tantôt attentif, tantôt agité, lors d’un discours de 45 minutes au ton grave.
L’objectif affiché : obtenir un mandat clair pour appliquer son programme de redressement des finances publiques, incluant des coupes budgétaires significatives. Mais le pari s’est retourné contre lui.
Une première dans l’histoire de la Ve République
Jamais un chef de gouvernement n’avait été renversé à la suite d’un échec d’un vote de confiance engagé par lui-même. La tradition veut que ce soit plutôt une motion de censure qui provoque la chute d’un gouvernement. En choisissant de solliciter la confiance de l’Assemblée, Bayrou espérait sans doute renforcer sa légitimité. Il quitte Matignon avec le triste privilège d’être le premier Premier ministre évincé de cette manière depuis 1958.
Démission attendue, incertitude à l’Élysée
Selon son entourage, François Bayrou présentera sa démission à Emmanuel Macron mardi matin, ouvrant une nouvelle période d’incertitude politique. Le chef de l’État Français Emmanuel Macron devra trancher rapidement : soit il nomme un nouveau Premier ministre capable de rallier une majorité, soit il choisit la voie plus périlleuse d’une dissolution de l’Assemblée nationale, qui ouvrirait la voie à des élections législatives anticipées.
Une majorité fracturée
Ce revers illustre les tensions qui minent la majorité présidentielle, divisée entre les tenants d’une politique d’austérité rigoureuse et ceux qui craignent une casse sociale. Plusieurs groupes centristes et écologistes avaient exprimé leurs réserves ces derniers jours. Le résultat du vote reflète cette fracture profonde.
Le prĂ©sident Emmanuel Macron « prend acte » de la chute de Bayrou et nommera son successeur « dans les tout prochains jours », annonce l’ÉlysĂ©e.
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