HomeActualitéViolences entre tidianes et ibadous à Vélingara : Des manifestants conduits en prison

Violences entre tidianes et ibadous à Vélingara : Des manifestants conduits en prison


La gendarmerie de Vélingara a arrêté,ce mercredi 15 mars, 18 manifestants du village de Sinthiang Saby, poursuivis pour rébellion,coups et blessures volontaires avec violence, effusion de sang… Ces arrestations font suite à une bagarre entre les familles Aidara et Sylla, lors de la cérémonie de pose de la première pierre pour la reconstruction d’une mosquée. A l’issue de leur audition devant le juge d’instruction, 13 ont été conduits en prison, 4 mineurs bénéficient d’un retour de parquet et un autre est libéré.Violences entre tidianes et ibadous à Vélingara

L’ islam est une fois de plus meurtri au village de Sinthiang Saby, connu sous le nom de Sandaga. Une localité située dans l’arrondissement de Saré Collé Saly, département de Vélingara, région de Kolda. Dans cette contrée, la tension et la rivalité entre les communautés Tidiane et Ibadou ont connu de nouveaux sommets.

En cause, la reconstruction de la mosquée à la place publique dudit village. En effet, depuis 2016, les deux camps se regardent en chiens de faïence. Un sentiment de terreur permanent, doublé d’une rancune tenace, règne dans cette agglomération. D’où le cycle de violences dans lequel est engluée la population.

Dans la localité, les musulmans sunnites de confession tidiane qui appartiennent à la famille du fondateur du village et ceux salafistes d’une autre famille qui a une parenté en Gambie voisine se livrent une guerre sans merci pour le contrôle de la mosquée du village.

Les vieux démons se sont réveillés, ce mercredi 15 mars, lors de la pose de la première pierre de la mosquée qui doit être reconstruite. Malgré la présence du préfet de Vélingara et toutes les mesures de sécurité qui ont été prises pour parer à tout débordement et violences, les familles Aïdara et Sylla se sont livrés à leur sport favori. Une bonne castagne qui a fait de nombreux blessés. La cérémonie n’a pu avoir lieu.

Avant d’en arriver aux faits incriminés, il faut savoir que c’est en 1954 que des membres de la communauté sarakolé ont quitté le territoire gambien pour venir s’installer au Sénégal. Ils ont fondé le village. Une mosquée a été implantée au cœur du village et l’imamat a été confié à Samballa Sylla.

Durant son magistère, il est parvenu, avec l’aide des fidèles musulmans du village établis en Europe et en Gambie, à moderniser la mosquée. Construite en dur avec un toit en zinc, elle est entourée par une murette d’un mètre et demi. Elle se situe à une dizaine de mètres du domicile de l’Imam ratib et à une centaine de mètres de la famille de Baba Aïdara (l’autre famille qui convoite l’imamat). Avec le poids des ans, l’imam ratib Samballa Sylla s’est retiré en 2010, cédant la place à son fils Douga Sylla.

Pour en revenir aux faits, avant le jour de l’inauguration, le commandant de la brigade de gendarmerie de Vélingara, l’adjudant-chef Mamadou Diagne, a pris le soin de convoquer les protagonistes pour leur demander de se conformer à la décision administrative. Mais à leur sortie du bureau du commandant, la famille Sylla s’est rendue chez le préfet pour fustiger l’autorisation délivrée à la famille Aidara.

Donc, les actes qu’ils ont posés ont été prémédités. Car ils avaient déclaré à l’autorité qu’ils étaient prêts à rendre l’âme, advienne que pourra. Ce mercredi, deux membres de la famille accompagnés de leurs disciples ont mis à exécution leurs menaces, malgré la présence massive des forces de l’ordre. Ils les ont défiées, en ouvrant les hostilités par des jets de pierres.

L’officier commandant le détachement de Ziguinchor et deux gendarmes auxiliaires ont été blessés. Les vitres arrière et latérales du véhicule de la gendarmerie ont été cassées. Les pandores ont pu mettre la main sur 18 manifestants, après une course-poursuite vers la frontière gambienne. Ils ont été arrêtés conduits manu militari à la brigade et gardés à vue, avant d’être déférés, ce vendredi 17 mars, au parquet de Kolda. 13 parmi les manifestants ont été entendus par le juge d’instruction, puis envoyés à la Maison d’Arrêt et de Correction (MAC) de Kolda.

Cinq mineurs ont bénéficié d’un retour de parquet et un seul libéré. Ils seront entendus le lundi 20 mars prochain. Ils sont poursuivis pour rébellion, coups et blessures volontaires avec violence, effusion de sang à commandant et force publique dans l’exécution de leurs fonctions, troubles à l’ordre public et dégradation volontaire des biens appartenant à l’Etat.

  • Série de violences

Le 12 juin dernier, une 1ère bataille avait éclaté entre les deux camps. Ce jour-là, vers 18 heures, au moment où les bêtes s’abreuvaient au forage du village, une bataille rangée a éclaté entre des membres des deux familles. Vers les coups de minuit, sous une pluie battante, un second face-à-face a eu lieu. Au cours de ces affrontements, des blessés ont été dénombrés des deux côtés. Des plaintes déposées avaient valu l’arrestation de l’imam ratib Douga Sylla, de Hadji Sira Sylla, Hadji Atou Sylla, Bakhoré Sylla, Bakhoré Gnouma Sylla, Mouhamadou Traoré et Adama Konté. Ils ont été arrêtés le 12 juin et placés sous mandat de dépôt, le mardi 14 juin, pour troubles à l’ordre public et coups et blessures volontaires réciproques n’ayant pas occasionné respectivement une incapacité temporaire de travail. Après avoir passé des semaines à la prison de Kolda, les prévenus ont été condamnés avec sursis par le tribunal de Grande Instance de Kolda.

A la suite de cette condamnation, en août dernier, les autorités locales ont demandé aux deux camps de surseoir à la reconstruction de la mosquée du village qui est au cœur du conflit. Ainsi, à l’occasion de la fête de Tabaski, elles ont ordonné aux habitants de Sinthiang Saby de nettoyer une place pour la grande prière. Ce qui a été fait. Le mercredi 14 septembre, surlendemain de la fête de Tabaski, “les Tidianes ont procédé à la construction d’une hutte sur les lieux, avec l’autorisation des autorités locales, pour permettre aux fidèles musulmans de prier tous les vendredis”, explique Ibrahima Diaby, conseiller spécial de l’imam ratib de Vélingara qui est aussi le président du comité de facilitation pour la reconstruction de la mosquée de Sinthiang Saby. Mais, poursuit-il, “les Salafistes, armés de coupe-coupe et de gourdins, ont fait irruption sur les lieux et ont attaqué les Tidianes.

La bagarre a occasionné quatre blessés graves. Il s’agit de Mahamadou Aïdara, citoyen américain d’origine sénégalaise. Il est gravement atteint à la nuque et a été interné à l’hôpital régional de Tambacounda. Moussa Aïdara a aussi reçu de violents coups. Idrissa Aïdara a, lui, reçu une brique à l’épaule qui s’est déboîtée. Hadji Aïdara est blessé gravement aussi”. “Les victimes ont déposé, le vendredi 16 septembre, des plaintes auprès du tribunal d’Instance de Vélingara.” Pour le moment, il n’y a pas eu d’arrestations. Une affaire à suivre.

  • La reconstruction de la mosquée, le nœud du conflit

Mais avant d’en arriver à ce sanglant 14 septembre, rappelons qu’en 2015, l’imam ratib Douga Sylla a obtenu un financement d’un fidèle musulman établi en Gambie pour la reconstruction de la mosquée. Les populations ont alors décidé de détruire l’ancienne bâtisse pour en construire une nouvelle. Sauf, dit-on, que Baba Aïdara, talibé tidiane habitant ledit village, s’y oppose catégoriquement sous le prétexte qu’elle a été construite par son défunt père Karamba Aïdara. Et il souhaiterait que cette reconstruction soit faite “moitié moitié”. Ainsi, un arrêt sous-préfectoral de cessation de travaux a été signé. Entre temps, les membres de la famille Sylla ont obtenu un financement. Avec l’autorisation du sous-préfet de Saré Coly Sallé, ils ont érigé une mosquée dans leur domicile en face de l’ancienne mosquée. Ensuite, un arrêté sous-préfectoral N°052 /ASCS/SP a été signé le 28 avril dernier portant levée de la mesure d’interdiction provisoire de construction de mosquée du village de Sinthiang Saby Sandaga et fixant ainsi les conditions de reconstruction de ladite mosquée.

  • [0] EnQuete - EMMANUEL BOUBA YANGA (KOLDA)

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