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Serigne Abdoul Aziz Sy Al Amine : 6ème khalife général des Tidianes

Serigne Abdoul Aziz Sy Al Amine, 6ème khalife général des Tidianes

Une nouvelle ère s’ouvre dans la tarikha tidiane avec la disparition de Serigne Cheikh Tidiane Sy Al Makhtoum. Serigne Abdoul Aziz Sy Al Amine, jusqu’ici porte-parole de la confrérie, devient le 6ème khalife général des Tidianes. Agé de 89 ans, Al Amine va porter le flambeau et perpétuer l’œuvre de son grand-père El Hadji Malick Sy et de son père Serigne Babacar Sy (Rta). Une tâche difficile certes, mais le nouveau khalife connaît bien le khalifat pour avoir très tôt servi son père, mais successivement Abdoul Aziz Sy Dabakh, Serigne Mansour Sy Borom Daradji et récemment Serigne Cheikh Tidiane Al Makhtoum. Portrait d’un homme qui a consacré sa vie à la tarikha Cheikh.

Par Ngoundji DIENG

Serigne Abdoul Aziz Sy Al Amine devient le khalife général des Tidianes. Il succède ainsi à son frère, Serigne Cheikh Tidiane Sy Al Makhtoum, rappelé à Dieu avant-hier nuit (Ndlr : la nuit du mercredi) dans sa résidence à Dakar. Abdoul Aziz Sy Al Amine qui était jusque-là le porte-parole de famille Sy prend la tête du khalifat et devient le 6ème khalife général des Tidianes. Né en 1928 à Tivaouane, le tout nouveau khalife est le fils de Serigne Babacar Sy et de Sokhna Astou Kane.

Il a fait des premières études en même temps que ses frères, Cheikh Tidiane Sy et Serigne Mansour Sy, auprès de Serigne Alioune Guèye. Véritable cheville ouvrière de la tarikha tidiane, Serigne Abdoul Aziz Al Amine a été très tôt confronté au khalifat. Son père, Serigne Babacar Sy, l’avait très tôt choisi comme son bras droit. Quand celui-ci fut rappelé à Dieu, Serigne Abdoul Aziz Sy Dabakh le nomme officiellement porte-parole de la confrérie tidiane. Il a été confirmé dans ce poste sous les règnes de Serigne Mansour Sy et récemment de Serigne Cheikh Tidiane Al Makhtoum.

Il a été un serviteur infatigable de ses frères, mais aussi de la tarikha tidiane. C’est un guide religieux connu pour son caractère réfléchi, sa franchise et son dynamisme.

  • Bouclier de la tarikha tidiane

Toujours au-devant de la famille Sy, Al Amine ne montre jamais de signes de fatigue pour perpétuer le legs de Maodo, son grand-père. Il est le maître d’œuvre de l’organisation du Mawlid à Tivaouane, la célébration de la naissance du Prophète Mouhamed (Saws). Malgré son âge assez avancé (90 ans), il ne se lasse jamais. Il coordonne toutes les activités de la confrérie, le ziarra général, le burd. Al Amine fait vivre les dahiras et fait preuve d’une grande disponibilité et d’une générosité à l’égard des disciples.

Véritable bouclier de la tarikha, Abdoul Aziz Al Amine n’hé- site pas à taper du poing sur la table pour défendre la confrérie. Il a fini de consacrer sa vie et de se confondre à la tarikha Cheikh dont il chante la justesse, la droiture et la noblesse.

Serigne Abdou est l’initiateur du Coskas, le mouvement permanent d’avant-garde de la famille Sy. Un mouvement créé en 1968. Ce sont ces hommes habillés en vert à l’occasion du Gamou de Tivaouane, chargés d’assurer le service d’ordre.

  • Un franc-parler particulier

En dehors de la famille Sy, Serigne Abdoul est aussi connu pour ses prises de position et ses observations sur la scène politique et publique. Il rappelle souvent à l’ordre des syndicats gré- vistes. Il donne son avis sur la marche du pays.

Il interpelle les chefs d’Etat sur des questions d’intérêt national. Récemment, il a demandé au Président Sall de faire preuve de clémence et de libérer le maire de Dakar, Khalifa Sall, actuellement en détention pour une affaire présumée de détournement de deniers publics.

Il avait adopté la même posture quand Karim Wade était en prison pour le délit d’enrichissement illicite. Des prises de position qui lui valent souvent des critiques. Mais lui n’en a cure. Il dit préférer suivre les traces de ses illustres devanciers car, répond-il à journaliste lors d’un entretien, «sur le champ politique, nous jouons un rôle de sapeur-pompier face à l’incendie».

Il se défend en revanche de faire de la politique. «Il ne sied pas à un chef religieux de fonder un parti politique, car la politique ne peut aller de pair avec la religion dans un pays comme le Sénégal», disait-il toujours dans l’entretien accordé aux Echos de la Banque mondiale. Il reconnaît même avoir commis l’erreur de sa vie en étant membre d’un parti politique, le Parti de la solidarité sénégalaise (Pss) dont il était le trésorier.

C’est son frère aîné (Ndlr : Cheikh Tidiane Sy Al Makhtoum, l’illustre disparu) qui l’avait fondé à la suite de malentendus avec le Président Senghor, deux ans après l’accession du Sénégal à l’indépendance en 1960. «Je dois dire que j’étais en phase avec mon frère à l’époque», soulignet-il dans cet entretien accordé au magazine Echos de la Banque mondiale. Prises de position Le tout nouveau khalife est un homme qui entretient également de bons rapports avec les autres familles religieuses du pays.

En témoigne cette visite qu’il avait accordée à l’actuel Khalife général des Mourides, Serigne Sidy Moctar Mbacké, à l’occasion du rappel à Dieu de la sœur du khalife des Mourides. Ce dernier qui s’était réjoui de cette visite lui avait dit ceci  dans Asfiyahi.org, le portail de la jeunesse tidianya : «Vous jouez un rôle très important au sein de la famille de El Hadj Malick Sy (Rta) qui est notre grand-père. Et lorsque vous êtes à côté de moi, je suis fier, je suis rassuré parce que votre éducation illustre la posture que vous occupez dans cette famille qui est une seule et même famille que celle de Serigne Touba, parce que nous sommes issus du même ancêtre.»

Ce sont ces mêmes rapports que Al Amine entretient avec les Layènes, les Niassènes, la famille de Thiénaba et l’Eglise catholique. Educateur, Serigne Abdoul Aziz l’est. Il véhicule les pensées et enseignements de El Hadji Malick Sy (Rta). Aux jeunes générations en mal de repères, il rappelle les enseignements de son grand-père qui disait : «Si tu laisses ta langue en liberté totale, elle se transformera en lion et te dévorera.» Il nous conseille aussi de nous «méfier de notre langue qui est pire que le serpent.

C’est pour éviter que les fidèles se livrent à des discussions inutiles qu’il a institué la wazifa du soir, car ils avaient l’habitude, après la prière du Maghreb (Timiss) ou prière du coucher du soleil, de se livrer à des discussions de toutes sortes, avant la dernière prière (Icha ou Gué). Mieux, il interdisait à ses disciples de fréquenter les grands-places où les discussions partaient souvent du bien pour finir au mal», lit-on dans Asfiyahi.org.

Cette volonté d’être au service de son prochain dépasse le cadre de la famille Sy. Elle embrasse la communauté islamique au niveau mondial. Serigne Abdou est membre de nombreuses structures islamiques mondiales dont le Conseil mondial des affaires islamiques, le conseil exécutif de l’Association mondiale de l’appel islamique, la Ligue islamique mondiale, etc. Aujourd’hui qu’il est devenu le sixième khalife de Maodo, il va continuer l’œuvre de ses devanciers. Il sera sans doute épaulé dans cette noble tâche par ses cousins, Serigne Mbaye Sy Mansour et Serigne Maodo Sy Abdou, etc.

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