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Sédhiou – COMMUNE DE DJINANI : Des Populations dans le désespoir!


Le manque d’infrastructures routières, les problèmes d’évacuation des urgences, des écoles en abris provisoires, un manque notoire d’eau potable etc. Autant de difficultés qui poussent les populations de la commune de Djinani à se tourner vers la Gambie pour inscrire les enfants à l’école et se faire soigner. La construction de la route Djinani-Bounkiling qui aurait mis fin à ce calvaire, avec des femmes enceintes qui meurent dans des charrettes, est toujours au stade de promesses. L’enclavement de la localité(frontalière avec la Gambie), distant de 25 km avec Bounkiling sur la Rn6, plombe le décollage économique de la zone, en dépit des promesses faites sous le magister de Abdou Diouf, Abdoulaye Wade et de Macky Sall.
La commune de Djinani, située à l’extrême du nord de Bounkiling (département de Sédhiou) et à quelques kilomètres de la Gambie, dans l’arrondissement de Boghal, est composée de dix-huit villages(18), avec une population estimée à quatre mille(4000) habitants.Sédhiou - COMMUNE DE DJINANI  - Des Populations dans le désespoir!.jpg
Cette localité communément appelée Darang, est caractérisée par son enclavement chronique. Ce qui a favorisé la vulnérabilité de la population et a renforcé l’influence de la Gambie, sur la population rurale, notamment. Pour cause, en Gambie, il n’y a pas d’abris provisoires, les centres de santé sont construits jusqu’au dernier village de la frontière avec le Sénégal et disposant de puits à pompe. Le premier maire élu de cette commune de Djinani, ex secrétaire général du conseil départemental de Sédhiou, a l’espoir de sortir cette localité de l’ornière. Cette localité dispose non seulement des ressources naturelles, mais humaines pour se développer.
La route Djinani-Bounkiling n’est pas encore construite
«Notre vrai handicap reste sans doute notre enclavement chronique. La route qui nous sépare de Bounkiling et de distant de vingt-cinq (25) kilomètres, peine à se réaliser malgré la promesse depuis le temps du Président Diouf, jusqu’à présent», a confié Monsieur le Maire de la commune de Djinani. Pour lui, c’est une vieille doléance pour la population Darang Djinani : «à un certain moment, nous avions eu l’espoir de sa réalisation, car nous étions informés à tous les niveaux du processus jusqu’au lancement de l’appel d’offres pour l’attribution du marché». Pire en période hivernale, ni les piétons ni les charrettes et même motoristes, n’osent emprunter cette route, à cause de son état de dégradation avancée.
Les populations sont dans l’obligation de passer alors par le détour de Djinani-Médina Wandifa, en passant par Saré Fodé et Saré Fass. Amadou Sow, assistant infirmier du dispensaire de Djinani confirme : «notre principal problème, c’est l’évacuation des malades, parce que la route est impraticable. Il est urgent d’avoir une ambulance, mais avec l’état de la route, elle ne fera que quelques jours pour tomber en panne. D’où l’urgence de construire cette route». Les femmes enceintes sont alors obligées de prendre bus «Horaires» en partance pour la Gambie.Un vieux nous confie : «Pour ce qui est de cette route, c’est une doléance de plus, mais sa réalisation reste une utopique de la part des autorités sénégalaises».
La population déplore un manque d’ambulance
«Notre problème majeur ici, c’est l’évacuation dès qu’on reçoit une urgence. Nous rencontrons d’énormes difficultés pour évacuer les malades à Bounkiling ou à Sédhiou», a fait savoir Amadou Sow assistant infirmier. Et d’ajouter : «L’an passé, une femme qui était sur le point d’accoucher devrait être évacuée vers Sédhiou, mais faute d’ambulance, ses proches ont décidé de l’amener dans une structure sanitaire gambienne, en charrette, car jugée plus proche. Malheureusement, elle a fini par rendre l’âme avec sa grossesse. Et chaque année, on perd des femmes en travail». En fait, les cas pareils sont très récurrents dans cette zone, la plupart des évacuations finissent par le malheur, car elles ne sont pas évacuées à temps. Fatou Doumbouya témoigne : «l’an passé, on a perdu comme ça notre sœur à Sédhiou, car on la tardivement évacuée». Ces difficultés font que les femmes enceintes préfèrent fréquenter les districts sanitaires gambiens. Et le taux de fréquentation avoisine les 50%, voire plus. Une quarantaine de villages de plus de cinq mille habitants de la commune de Kandion Magana et une partie de la commune Ndiamalathiéle et voire même de villages de la Gambie, se soignent dans le district sanitaire. Les populations y vont pour diverses raisons : «les personnels ici sont accueillants et font correctement leur boulot, et l’arrivée d’une sage-femme nous a beaucoup aidé »,disent- elles.
L’influence de l’école gambienne
En raison de la proximité de la commune avec la Gambie, certains parents ont très tôt envoyé leurs enfants étudier au pays de Yaya Jammeh. Aujourd’hui certains parmi ces enfants ont réussi, alors que leurs camarades qui ont fréquenté l’école sénégalaise ont presque tous échoué. Malgré l’implantation des écoles partout, cela n’a en rien découragé les parents qui préfèrent envoyer les enfants en Gambie pour étudier.
Pas d’abris provisoires au pays de Jammeh
Interrogé sur la question, Aliou Ba conseiller municipal confie : « En Gambie, il n’y a pas d’abris provisoires, et en plus les écoles sont dotées de cantines scolaires, elles sont sponsorisées par des ONG. Certains enfants démunis sont pris en charge par des volontaires blancs». Pour cette femme : « envoyer tous ses enfants à l’école sénégalaise, c’est un peut risquer». Alors que dans cette zone, la plupart des écoles élémentaires sont en abris provisoires. Pire, le seul CEM créé en 2011 et qui couvre la commune de Kandion et une partie de la commune de Ndiamalathiel, a un seul bâtiment de deux salles. Badiacounda, l’un des plus gros villages de la commune et plus proche de la Gambie (cinq kilomètres), a bénéficié d’une école en 2011. Un vieux se réjouit de la situation «Le fait d’envoyer nos enfants en Gambie nous a valu aujourd’hui de grands cadres». Pour ces personnes, c’était le seul moyen de faire bénéficier à leurs enfants l’école.
L’exigence des moyens d’accompagnement
L’agriculture est la principale activité pratiquée par les populations de cette localité. Selon Idrissa Ba, Président du conseil communal de la jeunesse : «nous avons besoin de l’aménagement de périmètres maraichères et de fermes agricoles pour bien travailler la terre». En dehors des cultures du mil, de l’arachide, du riz etc, les populations s’adonnent aux cultures maraichères pendant la saison sèche. La vallée du fleuve Gambie fait que la culture du riz est très rentable, puisque plus d’une dixième de villages se la longeant, bénéficient des avantages de la rizière. Les femmes de cette localité s’activent dans la culture de riz, même si elles demandent des moyens à l’Etat pour mieux exercer leur métier. Selon Fatou Doumboya, conseillère départementale : «on a la volonté et la détermination, mais il nous manque des moyens » Pour elle, ces femmes peuvent faire mieux, si elles avaient les moyens ; d’ailleurs certaines elles assurent le repas de la famille.
Des femmes braves, mais …
La mairie avait acheté deux motoculteurs, malheureusement ils sont très tôt tombés en panne. «Lorsque ces motos sont arrivés, nous étions comblées, car nous nous sommes dit que cette année nous allons beaucoup cultiver. Malheureusement, d’autres mêmes n’ont pas cultivé car elles attendaient leur tour et entre temps les machines sont tombées en panne et c’était trop tard» ; a avancé une femme. Pour ne pas rester bras croisés durant toute la saison sèche, les femmes assistent leur maris dans certaines charges, en s’adonnant à la culture des légumes: tomates, oignons, oseille etc. Il y a des femmes qui produisent jusqu’à cinquante sacs d’oignons. Le problème majeur reste l’accès à l’eau. En effet, la commune ne bénéficie pas de l’eau potable et il aurait suffit d’un seul forage pour satisfaire la demande des populations de la zone. Et à défaut, creuser des puits. La jeunesse partage le même le point vue. Malgré le potentiel des ressources naturelles, les jeunes n’arrivent pas à attendre la production escomptée. Au-delà des problèmes de moyens, il y a celui de la formation des jeunes dans le domaine agricole. Un jeune qui a abandonné l’école en classe de cinquième avance : «on a besoin d’une formation et le maire doit tout faire pour trouver à la jeunesse une formation». Et Idrissa Ba d’allonger la liste des doléances : «nous voulons un centre socioculturel et un terrain municipal pour la population de cette localité. Au niveau de toute la commune, il n’y a pas de terrain réglementaire ».
Moussa Fadéra, maire de la commune de Djinani :« Nous fonctionnons sur la base d’un budget participatif d’un million de franc»
Quant à Moussa Fadera, maire de cette commune, ex secrétaire général du conseil départemental de Sédhiou, «depuis que nous sommes élus, on s’est fixé des objectifs : il fallait faire le planning et élaborer notre document de Plan de Développement Communautaire. Il reste les moyens de l’Etat, essayer de trouver des ONG et voire même de contacter la diaspora, ce que nous allons faire dans plus brefs délais. Dans le domaine agricole, nous avons nos terres fertiles et nos jeunes sont là, Ils n’ont jamais été tentés par l’émigration clandestine. On ne peut pas atteindre l’autosuffisance alimentaire avec des moyens rudimentaires, tel que la daba. Aujourd’hui, nous avons trouvé une ferme agricole de vingt-un hectares à Saré Diayé, un village au centre de la commune et nous comptons travailler avec le PRODAC qui est basé à Sédhiou. Nous sommes assez imaginatifs, puisque nous fonctionnons sur la base d’un budget participatif d’un million de franc, financé par un projet espagnol qui a permis de réaliser ce plan. On a acheté des motoculteurs pour donner un coup de pouce aux producteurs. Nous sommes aussi en contact avec le Programme National de Développement Locale (Pndl) pour l’aménagement de notre vallée».
Difficile de rompre avec une habitude
Parlant de l’influence de l’école gambienne sur le secteur, le maire estime que «c’est difficile de rompre avec une habitude. Vous savez ma génération de l’autre côté, il y a de hauts fonctionnaires parmi elle. En plus, l’école gambienne est bien équipée par des sponsors, des cantines et des ONG. Mais aujourd’hui nous sommes en train de renverser la tendance, on a crée des écoles dans les villages frontaliers comme Badiacounda (village le plus proche de la Gambie et qui a de hauts fonctionnaires et cette année on a construit deux salles de classe. Dans le domaine des infrastructures, sur la route ralliant Bounkiling à notre commune, je reste sceptique quant à sa construction, car c’est une vieille doléance qui n’a jamais dépassé le stade de promesse. Sa réalisation aurait constituée une aubaine pour la commune et les villages environnants. Nous ne savons pas ce qui bloque le démarrage des travaux. C’est le PUDC qui doit réaliser cette infrastructure et c’est l’Etat qui donne l’ordre d’exécution des projets».
Sud Quotidien
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