HomeÀ la uneMe Alioune Badara Cissé, Médiateur de la République : bilan d’un ABC qui a bouclé une année comme Médiateur de la République

Me Alioune Badara Cissé, Médiateur de la République : bilan d’un ABC qui a bouclé une année comme Médiateur de la République

Aliou Badara Cissé, ABC, Un Soldat au Service de la République du Sénégal

L’OBS – «Je prendrai mon bâton de pèlerin, pour voir ce que le Médiateur peut faire dans l’affaire Sonko»

«Nous avons environ 1800 dossiers à traiter»

5 août 2015 – 5 août 2016. Me Alioune Badara Cissé a bouclé une année comme Médiateur de la République. Un prétexte pour dresser un premier bilan. Si l’Institution est maintenant connue de tous, il lui reste un pas à franchir pour jouer pleinement son rôle : la médiation entre les différents acteurs de la vie sénégalaise. C’est dans cette perspective que ABC profite de la tribune offerte par L’Obs pour lancer un appel solennel à Nafy Ngom Keïta et Ousmane Sonko, qui font l’actualité en ce moment. Entretien.

Me Cissé, vous êtes depuis un an le Médiateur de la République. Quelles sont les choses qui vous viennent tout de suite à l’esprit, après un an d’exercice, pour faire un petit bilan?

Après un an d’exercice, nous devons rendre grâce à Dieu, qui nous a donné la vie et la force de porter une institution qui nous a été confiée par le président de la République, avec des enjeux multiples et variés. Parmi ceux-ci, le rétablissement de l’unité sociale, le rapprochement entre le citoyen et l’Etat, faire en sorte que l’on puisse prévenir toutes les situations de crise susceptibles d’interrompre la mission de service public.

La Médiature semble être une institution peu connue des Sénégalais. Qu’est-ce que vous avez fait depuis votre nomination pour la rendre plus visible ?

La Médiature existe depuis 1999. Moi-même, en venant à la cérémonie de passation de service, je me demandais où cela pouvait être, ce qui est dangereux pour le médiateur entrant par rapport à l’institution qu’il a la charge d’animer pour les six prochaines années. J’ai entamé une première tournée institutionnelle auprès des autorités et de tous les khalifes généraux du Sénégal, sauf ceux qui sont un peu éloignés de Dakar, pour lesquels je réserve ma visite de courtoisie lors des tournées de la délégation régionale. Ensuite, la prise en charge au quotidien des doléances des Sénégalais et certainement, un plan de communication qui nous place au centre des institutions qui sont au service du Sénégal et des Sénégalais. Je pense que cela a participé à nous faire connaître et «last but not least», le mécanisme de l’autosaisine, qui ne nous met plus en position attentiste.

Les complaintes, les plaintes, ne manquent pas au Sénégal. Quels sont les problèmes des Sénégalais?

Je pense que la considération que l’Etat central doit aux usagers du service public fait partie des réclamations les plus récurrentes. Les mouvements syndicaux, les cahiers de doléances, les préavis déposés et auxquels aucune suite n’est donnée, les reclassements pour les fonctionnaires, les points suffisants et insuffisants à prendre en compte pour les pensions de retraite… Nous sommes dans un pays où franchement, pendant un bon moment, les rapports entre l’administration publique et les usagers n’ont pas été des meilleurs. Nous travaillons maintenant à un adoucissement de ces relations-là. C’est vrai que les institutions ne valent que par ceux qui les animent ; nous nous donnons le temps et les moyens, avec mes collaborateurs, d’aller aussi bien vers les citoyens que les administrations. Au cours des trois derniers mois, j’ai vu énormément de courriers en satisfaction des réclamations portées à la connaissance des administrations.

Est-ce que vous pouvez nous lister quelques doléances concrètement prises en charge par vos services ?

Notre intervention au niveau du secteur de l’éducation nationale : l’enseignement moyen général, c’est le plus récent, c’est connu de tout le monde. Nous sommes également et fort heureusement, avec satisfaction, intervenus au niveau de l’Université Gaston Berger, à l’arrêt pendant près de quatre mois, il en fut de même à l’hôpital régional de Saint-Louis, perturbé pendant la même durée. Je pense que les cas sont nombreux et nous les avons répertoriés dans notre rapport annuel pour les porter à la connaissance du chef de l’Etat. Il y en a d’autres auxquels nous attendons de trouver des solutions. Pour le cas des sociétés dissoutes, il y a Ama Sénégal, la Sotrac, la Régie des chemins de fer… Il reste énormément d’entreprises dans la même situation, dont les anciens salariés ont du mal à trouver un interlocuteur. Le ministre du Budget est en train de nous prêter une oreille attentive, ainsi que certains membres du cabinet présidentiel, le directeur cabinet en premier.

Vous avez aussi parlé d’une nouvelle prérogative d’autosaisine, l’avez-vous appliquée?

Les cas qui nous ont permis d’engranger les premiers succès ont été traités sur la base de l’autosaisine. C’est le cas de l’enseignement moyen secondaire, de l’hôpital de Saint-Louis…

L’actualité aujourd’hui, ce sont les deux affaires : Nafi Ngom Keïta et Ousmane Sonko. Deux cas sur la place publique. Est-ce que le Médiateur s’en est saisi?

Nous ne nous sommes pas saisis de ces affaires. Je pense que pour le cas de Madame Nafi Ngom Keïta à l’Ofnac, c’est un appel que je lui lancerai : c’est un frère qui parle à sa sœur, un serviteur de l’Etat, qui parle à un autre pour qui j’ai énormément d’estime. Je la connais certes, mais je pense que je la connais moins bien que le chef de l’Etat. Tous les deux ont en partage la mission du service public, qui va au-delà de leurs personnes respectives. Il n’en est pas un seul, ni elle ni le chef de l’Etat, qui doivent penser être au dessus de la République. Nafi Ngom s’est réalisée par ses efforts personnels. Ce sont vraiment par ses efforts personnels qu’elle a atteint la cime de la hiérarchie administrative. Elle fut responsable de l’Ige, première femme vérificateur, elle a été la première présidente de l’Ofnac. Je pense que pour tous ces honneurs qu’elle a engrangés et qui pèsent sur ses épaules, elle ne peut plus avoir aucune autre considération personnelle qui puisse valoir que tout ceci se retrouve sur la place publique et qu’elle laisse un temps soit peu quelques éléments, même objectifs, entacher son beau parcours. A elle, je rappelle tout simplement que c’est tout le pays dans son entièreté, qui a brillé à travers elle pendant les grandes périodes de vérification, la réédition des comptes : on se souvient des chantiers de Thiès. On a vu le travail qu’elle a accompli, avec des moyens pas très importants. Je pense qu’aujourd’hui, une simple différence d’interprétation de la date d’entrée ou de prise de service, ne mérite pas, le Sénégal ne mérite pas qu’on assiste à un débat de cette nature. Elle a entre ses mains les moyens d’y mettre un terme. Je lui demande fraternellement, patriotiquement, qu’il y soit mis un terme. Pour ce qui concerne Monsieur Ousmane Sonko, j’ai dit que je prendrai mon bâton de pèlerin, pour voir à ce niveau, ce que le Médiateur de la République peut faire. Pour l’un je pense qu’un appel suffira. J’espère et prie Dieu, j’ai toutes les raisons de penser que l’appel sera entendu, en raison des rapports qui nous unissent, de l’admiration que nous avons l’un pour l’autre. Pour Ousmane Sonko, le Médiateur verra, avec ses collaborateurs, comment s’y prendre.

Quels sont les problèmes quotidiens auxquels votre institution est confrontée ?

Parler de notre quotidien est la partie la plus gênante, parce que j’ai vocation à apaiser et régler des conflits. Je n’ai pas vocation à exprimer les difficultés auxquelles je suis confronté. Mais il faut qu’on reconnaisse cela, nos conditions de travail sont des plus déplorables. Il n’y a pas d’autres mots, je n’ai pas besoin d’un euphémisme, mais le chef de l’Etat sera informé lors de nos déclarations orales pour la remise de notre rapport annuel à la rentrée.

Vous êtes Médiateur de la République depuis un an. Certains disaient que c’est une voie de garage, politiquement parlant, qu’en pensez-vous …

La Médiature est un creuset de rapports et de relations avec le monde politique, l’activité politique dans l’administration de la cité. Et c’est ce que je fais au quotidien. Je pense que je n’ai jamais été aussi libre de ma vie politique que lorsque je suis devenu Médiateur de la République. D’abord, ma personne trouve sa plénitude d’expression et celle-ci est consacrée par les textes qui organisent l’actualité que je mène.

Cela ne vous gêne-t-il, politiquement, d’être quelque part juge et parti ?

Je ne suis plus partie d’un parti. Je ne fais bloc avec personne. Je suis à égale distance de toutes les organisations et la liberté de ton que j’emploie dans l’administration, est la même vis à vis des syndicats. Je suis en phase avec la mission qui m’est confiée. Bien entendu, je suis nommé par un président de la République. Maintenant, si c’est pour porter des T-shirts et des casquettes, au rythme des tam-tams et de la musique, ça attendra.

Qu’est-ce que vous faites concrètement pour que la Médiature ne soit pas circonscrite à Dakar ? Qu’elle soit une Médiature sénégalaise ?

Malheureusement pour le moment, la Médiature n’est même pas encore dakaroise. Parce qu’elle est méconnue du grand public. Nous avons des délégations régionales sans moyens. Elles sont inconnues dans les petites capitales régionales où elles se trouvent. Je pense qu’une Médiature d’envergure, doit d’abord être constitutionnellement consacrée, avec des moyens, évoluant dans un espace administrativement consacré, avec un bâtiment qui l’atteste et des moyens conséquents. A partir de ce moment, on pourra travailler si l’Etat nous donne des ressources additionnelles de coopération internationale.

N’y a-t-il pas chevauchement entre les prérogatives de la Médiature et celles du Haut conseil du dialogue social ?

Vous avez raison. Quand on observe de plus près, on se rend compte que le Médiateur n’intervient que là où il y a absence de dialogue. Mais dès lors qu’il y a discussion et négociation au niveau du ministère du Travail, dans les différents départements, nous ne sommes pas concernés. Nous n’avons d’ailleurs jamais été conviés à de tels espaces. Mais lorsque ces négociations n’aboutissent pas, nous intervenons. C’est ce que je fais dans le domaine de la Santé : plusieurs fois après avoir rencontré les acteurs en conflit et que l’information, par d’autres canaux, a été portée à l’attention du ministre de la Santé, qui m’a encouragé. Ainsi en a-t-il été dans le secteur de l’Enseignement supérieur au moment où il y avait des blocages avec le Saes.

 

Combien de dossiers avez-vous déjà traités jusqu’à maintenant ?

Là il faut m’aider. Nous en sommes à combien de dossiers ? Rien qu’hier, on me parlait de 214 dossiers. Les chargés de mission sont au nombre de neuf et chacun a environ 200 dossiers, soit près de 1800 dossiers.

Qu’est-ce qu’il faut aujourd’hui au Médiateur pour donner une nouvelle impulsion à l’institution ?

Des moyens additionnels. Je pense que ça, c’est important : en ressources, notamment en ressources humaines, un bâtiment dédié exclusivement à la Médiature. Nous cohabitons avec un haut service de l’Etat avec lequel nous n’avons aucun problème. Mais c’est comme si vous logiez la direction de l’Enseignement élémentaire dans le même bâtiment que la Cour d’appel. Cela ne se fait pas. Il n’y a pas un seul Médiateur au monde qui fait trois étages, à pied, tous les jours, et plusieurs fois par jour. Je ne peux pas recevoir tout le monde au troisième étage.

 

Assurances de l’ambassadeur du Sénégal sur la détention de la sénégalaise :

«Mbayang Diop va bien…»

Un coin du voile est levé sur les conditions de détention de Mbayang Diop dans la prison de Damman en Arabie Saoudite. Sa rencontre avec Cheikh Tidiane Sy, hier mercredi, lui a permis de prendre conscience de l’élan de solidarité derrière elle, au Sénégal et à travers le monde.

L’on guettait une étincelle, une mèche d’espoir s’est allumée après la visite de l’ambassadeur du Sénégal à Ryad à Mbayang Diop. Il faut dire que la chronique locale a longtemps épié ce rendez-vous. Hier, la longue attente de la visite du diplomate sénégalais ne s’est pas muée en déception. La visite de Son Excellence Serigne Cheikh Tidiane Sy, ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Sénégal à Madjiguène Diop, alias Mbayang, témoigne des espoirs des Sénégalais de trouver une issue heureuse dans l’affaire qui tient en haleine tout le pays. Un communiqué écrit avec soin par les services du ministère des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur a confirmé la rencontre entre la délégation sénégalaise et Mbayang Diop, hier mercredi, à la prison des femmes de Fayçaliyah à Damman. «La délégation s‘est entretenue avec les responsables de la prison, qui les ont bien accueillis et leur ont facilité leur visite», lit-on dans le document reçu par L’Observateur.

Au cours de l’entrevue, les visiteurs ont pu constater que la détenue, accusée d’avoir tué l’épouse de son employeur, bénéficiait de bonnes conditions de détention. Ce dont se réjouit Bara Gaye, maire de Yeumbeul : «C’est rassurant et ça donne du baume au cœur, une certaine presse véhiculait l’information que Mbayang avait été déjà exécutée. Le fait d’avoir ces informations venant de son Excellence Cheikh Tidjane Sy est rassurant.» Lui, qui a personnellement eu l’ambassadeur au téléphone, voudrait laisser la primeur de certaines informations au Gouvernement du Sénégal, vu la tournure diplomatique qu’a prise cette affaire. Cependant, il révèle que bien qu’étant très affectée par ce qui se passe, Mbayang supporte sa détention carcérale. En écho, Mamadou Diop, frère de la prisonnière, estime que «rien que de pouvoir parler wolof avec quelqu’un là où elle est, doit rassurer (sa) sœur».

Le communiqué renseigne que l’Ambassadeur Cheikh Tidiane Sy a réconforté Mbayang Diop et lui a manifesté l’engagement des plus hautes autorités sénégalaises  à lui apporter l’assistance requise. Les autorités assurent que «Le Sénégal enverra régulièrement une délégation consulaire dans cette prison pour s’enquérir de sa situation et sera en contact avec les autorités saoudiennes compétentes pour le suivi de son dossier». En outre, le maire de Yeumbeul, Bara Gaye, renseigne que Me Aminata Sonko, l’avocate basée à Lyon (France) en charge du dossier, est déjà entrée en contact avec les autorités saoudiennes. Elle n’a pas encore son visa d’entrée en Arabie Saoudite. C’est la seule chose qui l’empêche, pour le moment, de se rendre sur place. Elle est même en contact permanent avec El Hadji Ndao, président d’une association de Sénégalais vivant en Arabie Saoudite. Celui-ci a fait partie de la délégation qui a rencontré Mbayang Diop.

La famille, qui n’avait aucune nouvelle d’elle depuis plusieurs jours, remercie toutes les autorités ; les Sénégalais qui, de près ou de loin, soutiennent Mbayang, particulièrement la presse.

Lamine Diouf (Stagiaire)

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