HomeActualitéKédougou – Le village de Tenkoto « manque de tout »

Kédougou – Le village de Tenkoto « manque de tout »


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Le village de Tenkoto, situé dans l’arrondissement de Sabodala dans la région de Kédougou, affiche une mauvaise mine. Les causes sont à chercher dans le manque d’infrastructures sociales de base, l’enclavement de la localité et l’insécurité galopante qui sévit dans cette partie de la région. Le chef de village de Tenkoto, Bambo Cissokho, qui ne sait plus à quel saint se vouer après moult tentatives pour freiner les agressions et autres braquages dans sa zone, demande à l’Etat de prendre des dispositions pour que les populations puissent vivre pleinement et s’épanouir sans aucune crainte.Kédougou

Situé à 75 kilomètres de la commune de Kédougou, dans l’arrondissement de Sabodala, Tenkoto fait partie des villages qui abritent l’un des sites d’orpaillage traditionnel les plus importants de la région. Malgré son attraction et le flux qu’il enregistre grâce à l’importance de l’exploitation artisanale du métal précieux, Tenkoto manque de tout et sombre dans le noir.

La fine pluie, qui s’est abattue la veille sur ce village, a accentué l’impraticabilité de la route. De Mako au village de Kanoumérie, la route est accidentée, boueuse et glissante par endroits, pour ne pas dire que l’état de cet axe est chaotique. Même les véhicules 4×4 croisés sur le chemin étaient en train de glisser, zigzagant.

La scène ressemble à un film d’action de cinéma. Sur notre moto, on tient bon pour ne pas se retrouver au sol. La moto patine, glisse, s’embourbe, elle s’éteint même parfois à cause du moteur qui chauffe et de la boue qui bloque la roue de devant. Face à cette situation, nous nous retrouvons avec un pneu crevé, pour éviter d’y passer la journée, nous engageons la marche.

Ma coéquipière, Myriam, une volontaire italienne, décide de marcher devant pour prospecter l’é- tat de la route et jauger l’endurance qu’il va falloir avant de voir le bout du tunnel. Cette dernière, aidée par les quelques gorgées de sa bouteille de boisson énergisante, réussit à reprendre son souffle et de l’énergie pour arpenter le chemin. Mais, il nous a fallu deux heures de route pour fouler le village de Kanoumérie.

A l’entrée, deux éléments de la brigade de gendarmerie de Sabodala sont en faction. L’un arrête une voiture 7 places qu’il contrôle comme à l’accoutumée et l’autre s’adresse à nous. Constatant l’état de la moto, nos habits tachetés, nos chaussures trempées de boue, le jeune homme nous lance avec un rire moqueur et amical : «Ha ! Vous avez expérimenté l’état de notre route ? Estimez-vous heureux.

Dans quelque temps, ce sera pire.» Après ce court arrêt, la moto s’est remise en marche et s’est apprêtée à dévorer le reste de la route. Après plus d’une dizaine de minutes, on aperçoit enfin sur une hauteur, les cases de Tenkoto, qui se dressent fièrement au milieu du Niokolo. Peuplé de près de quatre mille âmes, Tenkoto est connu grâce à l’exploitation artisanale de l’or.

Trouvé chez lui, le chef de village (Dougoutigui), Bambo Cissokho reçoit ses hôtes. Après des salutations cordiales, on entre dans le vif du sujet. Pour parler de sa localité et les goulots d’étranglement qui bloquent le décollage de Tenkoto, le sieur Cissokho ne met pas de gants.

Dès l’entame de son propos, il nous lance «on souffre», pour témoigner de la situation difficile que vivent les populations de cette localité. Après quelques instants, il reprend : «On ne dispose pas d’infrastructures sociales de base, il y a un manque criard d’eau à Tenkoto, les femmes enceintes, les malades souffrent faute de moyens d’évacuation (ambulance), il y a aussi l’enclavement et l’état de la route qui encouragent le développement du banditisme.»

A ces maux, le chef de village ajoute «l’insécurité qui prend des proportions inquiétantes avec les braquages de bandes armées». Concernant l’insécurité, M. Cissokho informe que des initiatives communautaires ont été prises pour la faire reculer. En plus de ces efforts, les hommes de la brigade de gendarmerie de Sabodala font des patrouilles dans la zone. Seulement, précise le chef de village, «les patrouilles de la gendarmerie ont atteint leurs limites. Car, elles ne peuvent plus sécuriser les populations encore moins dissuader les fauteurs de troubles.

C’est pourquoi, le Dougoutigui de Tenkoto interpelle l’Etat sur la situation que vit sa communauté. «Pour éviter le pire et faire reculer le développement du banditisme et la circulation des armes légères qui est en train d’y prendre forme. L’Etat doit prendre à bras-le-corps la question sécuritaire dans cette zone car la gendarmerie a atteint ses limites», a-t-il dit

Avec LeQuotidien

 

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